05/04/2011

Le principe d'incompétence de Pe(ee)ter(s) expliqué au bon peuple Bruxellois


PRINCIPE D'INCOMPETENCE DE PETER :
"Dans une organisation, tout individu tend à s'élever hiérarchiquement jusqu'à son niveau d'incompétence, au-delà duquel il stagnera."

Ce principe, enseigné dans les cours de management des écoles de commerce et des universités du monde entier, Kris Peeters vient d'en donner une version fort personnelle à l'usage de la "sous-région" bruxelloise et de ses habitants : 
"Bruxelles ne sera jamais une région à part entière, il faut un statut en dessous de la Flandre et de la Wallonie, une ville-Région. Pas de chèque en blanc pour Bruxelles, quand on vient demander de l’argent aux autres, il faut d’abord mettre de l’ordre dans sa propre maison." Autrement dit, selon K. Peeters, qui parle non seulement au nom du CD&V, mais également au nom de toute la Flandre dont il est le Ministre-Président, les Bruxellois sont une espèce de sous-race, à ce point incompétents dans la gestion de leur région, qui leur faut impérativement une belle-mère (flamande) pour être certains qu'ils se comportent décemment...
Affligeant, arrogant et imbécile, Monsieur Peeters. 
Pas d'autre sentence possible....
Démonstration par l'absurde :
1. La Région Bruxelloise existe depuis 20 ans et est reconnue comme telle à l'article 3 de notre constitution. Aucun élément dans la Constitution ne permet d'ailleurs de considérer qu'elle devrait-être une sous-région comme l'entend le Premier Flamand. La logique communautaire a cependant amené à imposer à Bruxelles une logique institutionnelle d'une complexité inouïe, symbolisée par la CoCof et la VGC.
2. Kris Peeters invoque dans son raisonnement l'impérieuse nécessité de "protéger" la minorité néerlandophone de Bruxelles contre les francophones "colonialistes". On notera au passage qu'il s'abstient d'expliquer par contre comment la minorité francophone de Flandre devrait, dans la même logique, être "défendue"...
Il foule ainsi aux pieds les institutions bruxelloises, dont on rappelera ici qu'elles sont bilingues, qu'elles garantissent totalement la protection de la minorité néerlandophone, suivant d'ailleurs une répartition non démocratique et  exagérement favorable aux quelques 10 % de néerlandophones bruxellois. Ce faisant, il place également les propres mandataires bruxellois flamands (dont Brigitte Grouwels, Ministre régionale CD&V) dans une position qu'on devine indéfendable...).
3. Au nom de quel principe démocratique Monsieur Peeters s'arroge-t-il le droit de venir dire aux Bruxellois ce qu'ils doivent faire chez eux, si ce n'est sous une forme grossière et caricaturale ? Il est prouvé malgré les imperfections et la complexité des institutions bruxelloise, que la Région de Bruxelles-Capitale s'en sort plutôt bien (voir notamment mon post précédent ici) si on la compare notamment aux autres grandes villes (notamment flamandes) du pays... Mais comme le disait Einstein, il est plus facile de désintégrer un atome qu'un préjugé...
Cette immiscion permanente des deux régions, Flandre et Wallonie, dans la réalité Bruxelloise est inadmissible et intolérable pour les Bruxellois.
4. Dans les négociations institutionnelles actuelles, la Flandre ne cesse de réclamer plus d'autonomie et de transferts de compétences pour sa région... mais refuse cette même logique pour la Région Bruxelloise. Contradiction complète dans les termes ! 
5. La Région de Bruxelles-Capitale est visiblement considérée par la Flandre (mais aussi par la Wallonie...) comme une région 'francophone'. Or la réalité sociale, démographique et économique montre clairement que si ce raisonnement était sans doute encore valable en 1989, lorsque la Région a été créée, elle n'est plus du tout valide aujourd'hui : Bruxelles, c'est aujourd'hui une mosaïque de plus de 160 nationalités différentes, une ville cosmopolite et multiple où 40 % des familles n'ont ni le Français ni a fortiori le Néerlandais comme première langue dans la sphère privée familiale...


Charles et ses deux belles-mères...
L'absurdité de la logique communautaire, imposée par la Flandre et la Wallonie a désormais atteint ses limites. Si l'on poursuit dans cette logique, on créera à Bruxelles des sous-nationalités : les soins de santé, l'accès aux crèches, les allocations famailiales, l'accès à l'enseignement seront soumises à un "veto" linguistique absurde et intolérable ! "Si tu ne parles pas néerlandais, tu ne peux pas venir te faire soigner dans mon hôpital", "si tu souhaites que ton enfant apprenne le néerlandais, mais que tu es d'origine turque et que tu es enregistré comme francophone à Bruxelles, tu ne pourras pas le mettre dans une école néerlandophone, subsidiée par la Flandre. Par contre, tu pourras lui faire suivre des cours dans une association culturelle turque... subsidiée elle aussi par la Flandre pourtant !"


Mais au delà de la stigmatisation justifiée de la vision hégémoniste flamande sur Bruxelles, il faut également souligner que, malgré leurs dénégations, les politiciens francophones sont totalement ancrés, eux aussi, à cette logique de co-gestion de Bruxelles, qu'ils dénoncent cependant dans tous les medias !
A cet égard, la création de ce "brol" (oui, ils ont osé !) appelé Fédération Wallonie-Bruxelles n'est ni plus ni moins qu'une annexion de facto de la Région Bruxelloise par la Wallonie ! En ce sens, en tant que Bruxellois, il faut dénoncer cet acte hégémonique et à l'instar de la NV-a, considérer que c'est non seulement une "très grave provocation", mais surtout un acte illégitime : en démocratie, ce sont les citoyens qui décident de leur avenir au travers de leurs élus : qui a consulté la population bruxelloise (ou son parlement) avant de décider d'une telle "annexion" ?
Demotte et Picqué ont beau s'insurger dans toutes les langues et répéter que Bruxelles est une région à part entière (1,2), une fédération Wallonie-Bruxelles ne correspond en aucun cas à cette soi-disant vision. Si la Flandre avait décidé d'une telle "annexion", cela aurait fait un tollé indescriptible... et pourtant la logique est identique ! Bruxelles ne doit pas plus être ancrée à la Wallonie qu'à la Flandre : elle doit être reconnue comme une région identique en droits, à l'instar de ses voisines.


La seule proposition raisonnable et visionnaire, répétée lors du Congrès de Pro Bruxsel qui s'est tenu à Schaerbeek ce dimanche 3 avril, c'est la suppression définitive des Communautés et la refondation de l'état fédéral belge sur 4 régions, chacune dotée des mêmes compétences.
Et si cela ne pouvait se réaliser, les Bruxellois devraient alors s'auto-déterminer et choisir un avenir commun en tant que ville-état européen loin des logiques communautaires qui mènent à l'impasse actuelle...


(1) Ch. Picqué : "Derrière le discours de M. Peeters sur la soi-disant volonté de protection des minorités (flamandes, notamment) se cache en réalité une volonté de domination de Bruxelles aux seules fins de servir les intérêts économiques de la Flandre, sans égards au bien-être des Bruxellois, francophones ou néerlandophones, ce qui revient une fois de plus à la vieille conception utilitariste de la capitale." 
(2) Rudy Demotte"il n’est et ne sera jamais question de prendre part à une quelconque cogestion de l’avenir de Bruxelles et des Bruxellois". Et d’ajouter que les Wallons soutiennent "la pleine reconnaissance" de la Région de Bruxelles-Capitale.

30/01/2011

La logique dangereuse des frères siamois...

Bart de Wever est un grand poète. Il aime se livrer à une passion dévorante, celle des petites citations dans la presse, d'ici ou d'ailleurs. En latin, de préférence... Ou en Anglais aussi, "less is more", par exemple. Ou encore en Allemand : "Belgien, Europas kranker Mann"...
Et il aime les images fortes aussi : ainsi dans sa dernière interview exclusive pour La Libre de ce 29/01/11, il donne sa vision de la situation actuelle, une vision que je qualifierais volontiers d'anatomique...
Bonne nouvelle, Bart de Wever n'est pas pour la scission du pays ! Non, non dit-il, "ça ne marchera pas". Car "la Flandre et la Wallonie sont comme des frères siamois, et leur lien, c'est Bruxelles"...
Pardon ??? Mais Bart, que fais-tu... Dois-je te rappeler ici ce que précisent les statuts de ton parti en leur point 1.1 (1)? Je sais qu'à force de réécrire l'Histoire et de manipuler les médias flamands et ton électorat, les 3/4 de tes électeurs sont convaincus que voter pour la NVa, c'est voter pour un parti néo-libéral avec certes une pointe de régionalisme, mais légère... Récemment, en discutant avec un de tes électeurs, je me suis rendu compte de cela, Bart, ils ne savent pas... Très peu ont lu les statuts de la NVa et la plupart croient même que cette obsession séparatiste serait un épouvantail dressé par les francophones...
Siamois donc, unis par un cordon ténu de chair bruxelloise. Tu le sais, les siamois ont du mal à vivre longtemps, lorsqu'ils partagent des organes en commun et très souvent, on doit se résoudre à une opération délicate de séparation. Au scalpel, comme il se doit. On découpe ainsi le lien qui unit les siamois pour leur redonner une autonomie de fonctionnement et leur permettre de vivre.
Ce que devient le "lien" dans cette histoire est bien entendu moins glorieux... Simple morceau de chair déchirée, il termine sanguignolant dans la poubelle.
C'est donc ainsi que tu vois Bruxelles, Bart... Un simple lien, embêtant, gênant, handicapant pour permettre cette "autonomie" que tu as promis à tes électeurs.
La métaphore "siamoise" est mauvaise, car elle ne fait que polariser la résolution du conflit institutionnel belge sur deux entités, l'une flamande et libéralo-nationaliste, l'autre francophone et socialiste.
Elle est mauvaise car elle sous-entend qu'en découpant correctement le "lien" bruxellois, on obtient au final deux corps distincts, indépendants et autonomes.
Je suggère donc une autre métaphore, celle d'un seul corps, la Belgique, dont le cerveau, l'estomac, les poumons et le coeur fonctionneraient en étroite collaboration pour permettre à ce corps de se développer harmonieusement. Je suis bon prince, Bart, tu peux choisir l'organe de ton choix pour symboliser la Flandre. Mais je dois t'avouer que j'ai une préférence pour les poumons pour Bruxelles. Organe par excellence d'échange avec l'extérieur, comme Bruxelles l'est avec le monde qui nous entoure. Organe vital pour la vie, l'air ne peut se stocker et la respiration est une fonction qui, en se renouvelant en permanence, assure au corps le combustible dont il a besoin pour vivre, comme Bruxelles assure à ses habitants et au pays l'énergie quotidienne due aux milliers d'emplois et d'entreprises qui ont choisi cette ville-région. Organe dédoublé, le poumon droit et le gauche, comme la double culture flamande et francophone qui ont forgé l'identité de cette Région depuis des siècles. Les poumons n'ont pas à se préoccuper de la manière dont le coeur fonctionne, ou le cerveau. Disons que d'une certaine manière, le corps humain est déjà à l'origine, régionalisé. Mais par contre, si ces organes ne fonctionnent pas en bonne concertation, le corps meurt. Peu importe que le coeur lui veuille continuer à battre ou le cerveau à penser, ou l'estomac à digérer.
Cette métaphore me convient bien mieux, car pour moi, l'avenir de la Belgique passe par 1 pays ("le corps belge") et ses 4 régions ("les organes de ce corps")
A propos, ça tombe bien, moi aussi j'aime bien les locutions latines... : A bove ante, ab asino retro, a stulto undique caveto*
* " Prends garde au bœuf par devant, à l'âne par derrière, à l'imbécile par tous les côtés "

(1) De Nieuw-Vlaamse Alliantie (N-VA) is een politieke partij die in Vlaanderen vorm wil geven aan een humanitair nationalisme voor de 21ste eeuw. Als enige ongebonden partij, los van drukkingsgroepen, zuilen of financiële machten, verdedigt de Nieuw-Vlaamse Alliantie het algemeen Vlaams belang. In haar streven naar een beter bestuur en meer democratie kiest de Nieuw-Vlaamse Alliantie logischerwijs voor de onafhankelijke republiek Vlaanderen, lidstaat van een democratische Europese Unie. Het Vlaanderen van de N-VA stelt zich open voor internationale samenwerking en kijkt hiervoor in de eerste plaats naar Nederland.
Het doel van de Nieuw-Vlaamse Alliantie is de verdediging en bevordering van politieke, culturele, sociale en economische belangen van alle Vlamingen. Deze doeleinden kunnen met alle dienstige middelen bereikt worden, o.m. het uitgeven en verspreiden van druksels, tijdschriften, dagbladen; het organiseren van studiedagen, congressen, vergaderingen, filmvoorstellingen en bijeenkomsten van alle aard; het groeperen van individuele sympathisanten; het aankopen of in huur nemen van alle roerende en onroerende goederen, dienstig tot het doel.

24/01/2011

Anti-politique ? Anti-flamand ? Non, citoyen, tout simplement...

Ca y est, la mobilisation prévue ce 23 janvier à l'initiative du mouvement SHAME a bien eu lieu. Et les âmes chagrines qui s'imaginaient, comme ce politologue repris dans La Libre, "qu'un mouvement né sur la toile peine souvent à devenir réel..." en sont pour leur grade... 30, 34, 38, 50.000 ? Qu'importe, c'est une réussite du point de vue de la mobilisation et de l'organisation, sans incident notable à déplorer.Depuis près de deux semaines, on a pu en lire du "papier" dénonçant ce que beaucoup appelaient "un mouvement bêtifiant" (copyright de Jean Quatremer, spécialiste auto-proclâmé de notre pays pour nos voisins hexagonaux). En vrac, leurs considérations tournaient essentiellement autour du thème de l'absence de slogan clair et de l'anti-politisme supposé primaire de ce mouvement : "réclamer un gouvernement immédiat est affligeant, ce qui compte, c'est le projet...", "ce mouvement est anti-politique et donc dangereux, car poujadiste...", "nos politiciens travaillent depuis des mois pour trouver une solution", "cette manifestation ne rassemblera que des nostalgiques francophones de la Belgique de Papa", etc...
Ainsi, fleurissaient ici et là dans les journaux et sur la toile les "10 bonnes raisons de ne pas aller à cette manifestation"...


Tout ces analystes se sont trompés, et lourdement. Car le mouvement naît de l'action, et non l'inverse. Un peu moins d'analyse, et un peu plus de cou....., ça ferait du bien de temps en temps.
Tout d'abord, comme les chiffres le montrent (cfr. sondage Le Soir/Dedicated), il y avait bien "un peu de tout" à cette manifestation : des francophones wallons, des Bruxellois (44 % !), des néerlandophones de Flandre (25 %). Il y avait aussi bien des jeunes étudiants que des familles avec enfants et des retraités. Et oui, c'est vrai, quelques "Belgicains" dans le tas.
Bart de Wever, qui s'est empressé de rappeler que la seule expression du peuple, c'est celle qui ressort des urnes (flamandes uniquement en ce qui te concerne... ne l'oublie pas Bart), et qu'une manifestation qui rassemble 80 % de francophones (sic) et 20 % de flamands (re-sic) montre bien à quel point il est urgent de réformer le pays, a une nouvelle fois montré à quel point il méprise Bruxelles et ses habitants. Car 44% de "Bruxellois" Bart, ce ne sont pas "44 % de francophones". J'y étais à cette manifestation, et le moins que l'on puisse dire, c'est qu'il y avait plutôt beaucoup de néerlandophones, Flamands de Flandre OU Bruxellois de Bruxelles (et oui,  ils sont néerlandophones ET Bruxellois).
Bref, cette manifestation était assez représentative de ceux à qui on ne réserve que le sort des braves : les Bruxellois. Un petit bémol et un regret tout de même : peu de jeunes ou moins jeunes issus, comme moi, de l'immigration, étaient présents. Si vous me lisez, ne l'oubliez pas, ce pays, cette ville, sont aussi les vôtres !
Bruxelles, au centre de tous les enjeux (et du dernier échec de la note Vande Lanotte). Bruxelles à qui personne ne vient demander son avis. Dans les négociations en cours (ou à venir), le sort des Bruxellois est/sera négociés par Di Rupo (Mons), Reynders (Liège), Javaux (Amay) et Milquet (Madame Couloir Wallon de Rhode-St-Genèse). Autrement dit, ceux-là sont prêts à toutes les concessions pour larguer la région bruxelloise et conserver leur pré-carré wallons, d'où ils tirent leur succès électoraux...
Ensuite, ceux qui considèraient que cette démarche "anti-tout" était dangereuse, voire populiste, ont pu voir que les messages, certes idéalistes et certes quelque peu romantiques des organisateurs, n'avaient au contraire aucun relent de "tous pourris". Pour être plus précis et reprendre Philippe Geluck (mais qu'est-ce qu'il pouvait bien faire là celui-là... Il y a bientôt un album du Chat qui sort ?), cette manifestation était au contraire très Politique (notez le P majuscule), dans le sens qu'il redonne au citoyen une certaine parole et le droit de dire "dirigeants de ce pays, il faut à présent se remettre de toute urgence au travail et sortir de cette situation".
Enfin, oui, le "message" pouvait sembler diffus, certes. Mais au-delà de la confusion des genres (comme ces quelques manifestants qui arboraient malencontreusement des slogans anti-flamands et n'ont donc rien compris du tout),  ce mouvement spontané, auto-généré, fruit de la génération web et d'une certaine forme de mondialisation de la prise de parole citoyenne, montre clairement que désormais, ce qui se passe dans les rédactions et les bureaux de partis ne suffit plus à berner le citoyen lambda. La société participative est née... Car ceux qui minimisent la portée de 40 ou 50.000 personnes dans la rue sous-estiment dangereusement toutes celles et ceux qui se sont exprimés et n'étaient pas présents : sur Facebook, sur les forums, sur Twitter,... La portée réelle de ce mouvement touche sans doute 200 ou 300.000 personnes... Le jour où cette population trouvera un moyen de traduire ses sentiments dans les urnes, ce mouvement pèsera de tout son poids...


Ce qui m'amène à conclure en abordant ce qui a certainement manqué à cette manifestation : et maintenant, on fait quoi ? Les solutions, vous les voyez où ? Yves Leterme, s'adressant aux jeunes organisateurs aujourd'hui (La Une - JT) leur faisait remarquer que c'était foutrement compliqué une réforme de l'Etat, mais tellement nécessaire pour tous les citoyens. Et qu'une chose était de dire "nu, stop" et l'autre de répondre à la question "quelles solutions proposez vous ?". Une sortie de crise est possible, si l'affrontement stérile entre Communautés laisse enfin la place à une coopération responsable entre régions. Si le fait régional est acté et reconnu pour toutes les régions, en ce compris la région bruxelloise, et les entités régionales responsabilisées au niveau financier et dotées des moyens réels, dans une Belgique fédérale dont on aura au préalable défini  de ce que ces régions souhaitent faire ensemble : les finances, la justice, la sécu, la défense et la sécurité,... 
Le dernier article d'Alain Maskens, analyse pointue et parfaitement pertinente des actuels blocages, montre la voie, déjà prônée depuis 2009 par ProBruxsel. La solution existe, il faudra le courage et la volonté politique de l'appliquer. Pour Bruxelles, certainement, mais aussi pour l'avenir de ce pays que certains souhaiteraient dépecer sans vergogne. "Eén land, vier regios / Un pays, quatre régions".

09/01/2011

Apocalypse now... ?

Lorsque Stéphane Tassin a publié cette semaine dans la DH une double page blanche en guise d'éditorial, témoignant du ras-le-bol le plus complet du pays, des medias et des citoyens quant à l'enlisement de la crise politique, il a bien traduit ce sentiment  qui commence à poindre tant au Nord qu'au Sud du pays de sentiment de révolte, bien légitime, quant à la médiocrité dans laquelle s'enlisent les pourparlers institutionnels...


Notre classe politique serait-elle la plus bête du monde ? Si on en croit le Washington Post, qui crucifie le 'showman' De Wever dans son dernier article sur notre petit pays en crise, nous n'en sommes en tout cas pas loin du tout... Monsieur De Wever fait le pitre à la télé, nous explique qu'il mange des chips en caleçon devant son écran, et reconnaît sans problèmes les poitrines d'actrices qu'on lui présente dans de "Allerslimste mens ter wereld...". Il est vrai qu'à l'époque, Dehaene nous avait déjà habitué au côté populo du café du coin, en faisant entrer les caméras de la VRT dans sa maison à Vilvoorde, où, une chope à la main, il lançait des "Allei..." et des "Godverdomme..." en assistant au match du FC Brugge dont il est un ardent supporter...
On frise la vulgarité la plus abjecte, travestie sous un supposé jeu de divertissement télévisuel... et visiblement, la Flandre aime ça ! Beste vrienden, het wordt toch tijd om eens wakker te worden... Willen jullie echt aan deze man de toekomst van ons land toevertrouwen ?
Et il est vrai que le citoyen s'y perd complètement. On ne sait plus tellement qui dit "non", ou "oui", ou "oui mais..." ou "on a voulu dire oui, mais vous avez tout faux, on a compris non...". Et d'ailleurs, oui à quoi en fait ?
Pour le moment, le point de blocage essentiel semble bien être Bruxelles. Et deux visions qui s'opposent.
D'une part celle du CD&V et de la NV-a, qui ne voient en Bruxelles qu'une simple ville qu'il faudrait bâillonner, contrôler, co-gérer et à qui on accepterait de donner l'aumône pour qu'elle ne sombre pas définitivement dans la misère. Imbuvable, inacceptable et totalement non-démocratique...
De l'autre, une vision plus dynamique (vraiment...?) où on souhaiterait tout de même doter quelque part Bruxelles des moyens d'une Région à part entière... Ou presque. Disons simplement que la note de Vandelanotte, soutenue par le SP.a, Groen!, Ecolo et plus mollement par le CDh et le PS prévoit par exemple de donner (un peu) plus de pouvoirs au Ministre-Président en matière de police et d'allonger une enveloppe de 372 millions en 2012, essentiellement en matière de mobilité.
Que les Bruxellois ne s'y trompent pas ! Cet argent, promis (mais pas encore versé, s'il l'est un jour) ne servira pas au Bruxellois, mais en très grande partie à faciliter la mobilité des navetteurs (des Flamands et Wallons qui viennent travailler tous les jours à Bruxelles sans contribuer d'un seul euro au financement de ces infrastructures payées par les seuls bruxellois, avec leurs impôts...).
Et la note ne parle pas des transferts de compétences dont la région à vraiment besoin, notamment pour l'enseignement...
Alors, comment sortir de cette situation ? Et bien Bruxelles est le problème et la solution. Et à cet égard, je vous invite à lire la dernière Carte Blanche de Charles Picqué, publiée dans le Soir de ce 8 janvier... Visionnaire et pétrie de bon sens, cette note résume à elle seule ce que ProBruxsel ne cesse de clamer depuis 3 ans : les transferts de compétences doivent être réels et se faire vers une Région Bruxelloise solidaire de ces régions voisines, mais reconnue comme Région à part entière et dotée des moyens financiers nécessaires à son triple statut de capitale du pays, de capitale européenne et de Ville-Région.
Il est d'ailleurs piquant de lire Picqué (jolie allitération, non ?) écrire, par exemple : "il faut éviter de créer des sous-nationalités à Bruxelles " ou encore "Des listes bilingues conforteraient l'identité bruxelloise et l'affirmation d'un destin commun". Des propositions qui ne sont pas sans rappeler celles déjà faites depuis lontemps par ProBruxsel... Que ne les eût-il pas faites plus tôt !
Il convient de se demander si Monsieur Picqué ne se sent pas un tout petit peu mal à l'aise au sein de son parti mono-francophone, dont le moins que l'on puisse dire est qu'on n'a pas beaucoup entendu son Montois de Président défendre ou exposer les idées du camarade Picqué...
Alors, le temps est-il venu de l'Apocalypse ? L'iconographie biblique nous a habitué à considérer que l'avènement de la "nouvelle Jérusalem"  était liée au chiffre 7 (souvenez-vous : les 7 sceaux, les 7 trompettes, les 7 visions du futur,...). Alors, l'Apocalypse selon Saint Bart et les 7 partis ? ;-)
La suite des événements dépend à présent d'Albert II et de son imagination pour nous  trouver une profession se terminant par "... eur" et non encore utilisée, sans quoi, nos poli-toqués nous conduiront à l'abîme, les Bruxellois en tête... A moins qu'eux aussi se mettent à sonner les trompettes ...

28/11/2010

Note Vande Lanotte:quelles promesses concrètes pour Bruxelles?

Cherchez bien : dans les 32 pages consacrées à sa "note", Johan Vande Lanotte ne consacre finalement qu'un tout petit paragraphe aux propositions concrètes pour la Région Bruxelloise.
Pas grand-chose à se mettre sous la dent pour les Bruxellois : aucun transfert aux Régions des compétences-clés, liées à l'enseignement par exemple, alors que la fermeture de l'école de la Brise à Watermael montre à quel point il est impossible de continuer à confier l'enseignement bruxellois à une Communauté Française sourde et aveugle à la réalité des enfants bruxellois... Par contre, la politique de l’emploi (contrôle et sanction des demandeurs d’emploi, politique de mise à l’emploi, congés éducatifs, migration économique...) ainsi que certains éléments liés aux soins de santé (prévention et soins aux personnes âgées) pourraient être régionalisées...
Pourtant, le Sp.a (de Vande Lanotte), par la voix de sa présidente Caroline Gennez, avait déclaré de manière assez prometteuse : "We willen naar een staatshervorming die een nieuwe visie ontwikkelt over Brussel. En dat is niet bestuurd te worden door de twee andere gemeenschappen. Dat is echt achterhaald. Ik denk dat we naar een ander paradigma moeten, dat Brussel ook tot zijn eigen interne hervormingen gedwongen wordt en bestuurd wordt als een stadsgewest, met ook gemeenschapsbevoegdheden, ook naar onderwijs, ook naar cultuur (...). (voir interview BrusselsNieuws.be, 21/11/2010)".
En résumé, dans la note de VDL, on ne retrouve finalement comme éléments positifs qu'une vague promesse de refinancement basé sur un prélèvement effectué auprès des navetteurs (tout en ne détaillant pas le mécanisme de prélèvement ni les montants envisagés...), une correction du manque à gagner fiscal dû au principe de "main morte", qui prive Bruxelles injustement du revenu lié aux nombreuses institutions internationales (UE, ambassades, consulats etc...) établies sur son territoire et on rajoute un petit "chèque" pour aider la région en matière de mobilité...
Rien de précis, ni de très engageant pour Bruxelles et ses habitants donc,.... Si ce n'est que certaines des propositions ci-dessus se retrouvent effectivement en partie dans le programme de Pro Bruxsel.


Mais ces quelques maigres contributions semblent bien aisées à balayer d'un revers de la main, la NVa ne faisant même plus semblant de montrer qu'elle ne veut plus rien négocier du tout, si ce n'est de retourner aux urnes pour en ressortir plus que vraisemblablement encore plus ego-centrée... 
Dites, il faudra quand même que quelqu'un rappelle à BDW que, même dans cette hypothèse, il lui faudra tout de même se rassoir autour d'une table avec des francophones pour aboutir à un accord de gouvernement... 
Plus que jamais, il faut donc se montrer vigilant et veiller à ce que le sort de la Région Bruxelloise et des Bruxellois ne soit pas confisqué par les Wallons et les Flamands au mépris du million de Bruxellois qui ne bénéficie - toujours pas - d'une représentation digne de ce nom dans les négociations en cours...

12/11/2010

Welcome to Multi-City !




Je reviens de New York. Six petits jours dans la mégalopole de la côte est américaine, un peu de tourisme et de shopping en prime, et surtout 42,2 km (ou 26,3 miles si vous préférez les US metrics...) de bitume  collé sous mes chaussures de jogging après avoir participé au plus grand marathon du monde ;-)... Un événement sportif grandiose que je vous recommande par ailleurs.
Blacks, latinos, porto-ricains, pakistanais, haïtiens, WASPs, italo-irlandais, germano-polonais, la ville de tous les métissages et de toutes les ethnies. Un patchwork permanent de couleurs, saveurs, odeurs sous le regard cuivré de la statue de la Liberté et à l'ombre de l'Empire State Building.Dans le metro, les gens se cotoient, s'entraident, s'interpellent ou se mettent à rapper.
Dans la rue des milliers de yellow cabs vous prennent à bord pour vous faire traverser la ville au son lancinant du klaxon et des éclairs des sirènes de police. Et partout, ces gens qui marchent, courent, téléphonent, lisent, surfent.
"The Big Apple never sleeps...". 
Certes, des ghettos du Bronx aux quartiers délabrés du Queens, NYC c'est aussi la ville de toutes les misères :  on estime ainsi à 38.000 le nombre de sans abris à New York, dont 16.000 mineurs d'âge... Et 90 % d'entre eux sont blacks ou latinos. (source:www.ysop.org/statistics.htm). 
C'est ça la société américaine et son esprit de compétition XXL : vous devenez une star en quelques mois grâce à votre voix, comme Jenifer Lopez ou Mariah Carey, ou un petit accroc de santé suivi d'un licenciement (sans indemnités ni droit au chômage) vous précipite tout droit dans la rue...
Le modèle est donc imparfait, certes. Mais les Etats-Unis, et New York en figure en quelque sorte l'exemple ultime, sont une extraordinaire machine à intégrer. Là-bas, on se sent "américain" avant tout. Le chauffeur de taxi pakistanais est fier de vous montrer sa "Green Card". Parce qu'elle lui permet de gagner officiellement sa vie, certes. Mais aussi parce qu'il peut dire "now, I'm a citizen of this country !". Désir d'appartenance et d'intégration...

Et tout ce qui semble si bien marcher là bas, pourquoi cela ne marche-t-il pas chez nous, dans notre vieille Europe, et singulièrement à Bruxelles ? Sans doute parce que l'intégration sociale passe surtout et avant tout par une intégration économique et une reconnaissance civile. Les flics new yorkais s'appellent Lopez, Mazzini, Jones ou Kasharian. Sur Times Square, les commerçants Pakistanais et les bijoutiers juifs se cotoient dans les mêmes rues commerçantes, à Brooklyn, vivent des avocats d'origine hispanique et des chauffeurs de poids-lourds d'origine irlandaise. 

Et la ville est devenue de fait bilingue : dans le métro, dans les restaurants, l'anglais et l'espagnol, désormais deuxième langue du pays, se côtoient sur les mêmes affiches ou menus. Pas de lois oppressantes pour cela, simplement le sens du service au 'client' et une certaine forme de respect des minorités ethniques. Oh bien sûr, il y a encore du boulot... Le premier président d'origine afro-américaine n'a été élu qu'en 2008 et les discriminations, surtout à l'intérieur du pays, continuent à exister. Mais le modèle se base sur l'acceptation d'un nombre de règles de base érigées en "principes fondamentaux de la Nation" et laisse une place non négligeable à la libre détermination. Cela aussi, c'est la démocratie. On ferait bien de s'en inspirer à l'heure de construire la vie de notre pays, lui aussi multi-communautaire. Et Bruxelles a sans doute un certain nombre de points communs avec New York, à commencer par la densité extraordinaire de nationalités différentes qui vivent sur son territoire.

International Friendship Run.
Les participants au Marathon de New York se rassemblent
pour un mini-jogging de 4 km la veille du Marathon.
Même sous les fenêtres de l'ONU,
le Vlaamse Leeuw côtoie le drapeau belge.
Cocasse, lorsque le militant 'flamand' se voit interpeller
par un participant qui lui demande
"which country are you from ?".
Et la réponse fuse... "I am from Flanders...".
"Flanders ? I don't know..."










06/10/2010

Bart et les sept petits pas de nains...

On s'en doutait : notre microcosme politique ne tourne plus du tout rond...
Notre ami BDW s'est approprié la zappette, et s'amuse régulièrement à appuyer sur le bouton 'off'. Faut croire que ça l'amuse de tenir ainsi le pays entier par les c.... Bart semble devenir le spécialiste du 'maintenant, stop' : je claque la porte, j'interromps les négociations, je fais en gros comme je le sens et si on est pas d'accord avec moi et bien tant pis...
Ceci n'empêche pas le pays d'être gouverné et, même, d'organiser des événements aussi prestigieux que le sommet Europe-Asie. Soit...


Mais au-delà, ce qui semble énerver BDW, c'est qu'apparemment les francophones ne vont pas assez loin. Lui, il voudrait que toute la fiscalité (IPP) soit régionalisée et ne supporte pas qu'on ne puisse pas voir les choses sous le même angle du côté francophone.Ceci dit lorsqu'on parle de prélèvement de l'IPP sur le lieu de travail (ce qui permettrait à Bruxelles de retrouver un niveau de financement digne de son rang), là il est aux abonnés absents...  
Alors donc, il appuie sur la 'zappette' en se disant que le moment est peut-être venu de remettre les libéraux en selle... Et les francophones ne cessent de parler de plan "B" et de l'inéluctable scission du pays voulue par la Flandre nationaliste.


Pour désamorcer cette bombe, voici les raisons qui devraient pousser nos voisins de Flandre à y réfléchir à 2 fois avant de se lancer dans une option séparatiste... 
De la situation actuelle à la partition du pays, il n'y aurait que 7 petits pas (de nain) à franchir... Mais attention, les lendemains de veille pourraient s'avérer douloureux pour la Flandre ! C'est la raison pour laquelle il serait grand temps qu'on cesse d'agiter les caliquots de scission du pays : elle n'aura pas lieu ! La Flandre a beaucoup trop à perdre dans l'aventure...


1. "de vergrijzing"
La Flandre vieillit. Elle vieillit même plus vite que le reste du pays, ce qui se traduit par une augmentation des dépenses de soins de santé et des retraites. Même si dans un premier temps, la Flandre disposera sans doute des moyens de constituer très rapidement des réserves, le problème des retraites reste posé. Ce n'est pas pour rien que dans les négociations actuelles, on a envisagé la régionalisation des allocations familiales... et pas celle des pensions (au désavantage de la Flandre)...Selon une étude récente de Dexia en Flandre, le pourcentage de pensionnés par rapport à la population totale est de 18,4 %. Dans la région bruxelloise, le pourcentage moyen de pensionnés est 14,4 %, compte tenu de la structure plus jeune de la population. C’est en Wallonie (17,5%) que l'on se rapproche le plus de la moyenne nationale (17,3 %).


2. de ekonomische "voorsprong"
On le voit, la situation autrefois florissante de la Flandre sur le plan économique pourrait s'inverser assez rapidement... Aujourd'hui, c'est en Wallonie que Google investit... et c'est en Flandre que General Motors ferme son usine. Soutenu par une nouvelle ambition, un  plan de redéploiement (Marshall I et II) et des espaces disponibles (bureaux, zonings, ...), la Wallonie semble reprendre du poil de la bête.
A l'inverse, on sent que la Flandre s'essouffle. Il y a eu plus de jours de grève en Flandre qu'en Wallonie au cours des 3 dernières années... Le supposé avantage économique n'est donc pas définitif. Après tout, jusque dans les années 60 et depuis 1830, c'est l'industrie wallonne qui tirait le pays... Les Flamands ont parfois tendance à oublier qu'un des grands principes économiques, c'est l'existence des cycles conjoncturels...


3. "Brussel"
Il est évident que Bruxelles constitue le problème et la solution. La Flandre n'est pas prête à abandonner la poule aux oeufs d'or bruxelloise, mais n'est pas plus prête à faire la moindre concession pour permettre son émancipation fiscale et politique, en dehors du principe de co-gestion voulu par la NVa. Il est a noté que depuis quelques semaines, plusieurs politiques francophones, et non des moindres, ont entamé un discours sur l'air de "Bruxelles, région comme les autres". Pascal Smet envisage même à présent de confier une partie de la gestion de l'enseignement à Bruxelles à la Région; mais Pascal Smet peut changer d'avis très vite :-)...
Toujours est-il que sans solution pour Bruxelles, on voit mal la Flandre faire cavalier seul... Et on voit difficilement comment elle pourrait imposer unilatéralement ses choix à une région souveraine sur le plan constitutionnel (article 3 de la Constitution) et à sa population dont un sondage récent a encore montré son attachement à l'identité bruxelloise, au-delà des clivages stériles communautaires et linguistiques.


4.  "Europa en de internationale herkenning"
L'Europe ne voit pas d'un bon oeil les velléités séparatistes de la Flandre. Paris, Madrid ou Londres craignent que cela ne donne des ailes aux Basques, Catalans, Corses, Bretons, Ecossais... Et on ne parle même pas des Nordistes Italiens, associés au gouvernement Berlusconi, pour qui l'exemple flamand est du pain béni...
Si la scission intervient, cela signifiera pour la Flandre de se faire reconnaître au sein de toutes les institutions supranationales (EU, ONU, OCDE, zone Euro etc...). Ca risque de ne pas se faire tout seul... On doute que BDW est déjà tenté quoi que ce soit à ce niveau, ne fût-ce que pour jauger de la volonté de ces instances à reconnaître la future république de Flandre...


5. "de fiscaliteit en belastingsvoorheffing"
En cas de scission du pays, les entités 'rémanentes' (Wallonie et Bruxelles) n'auraient en terme de fiscalité qu'une seule approche possible, le prélèvement de l'impôt des non-résidents (flamands) travaillant sur leur territoire.
Ceci représenterait un manque à gagner de l'ordre de 16 milliards d'euros par an pour la Flandre...
Le réservoir d'emplois présent à Bruxelles ne va pas s'évaporer comme par magie vers le Nord du pays (au nom de  quoi ?) et les quelques 300.000 navetteurs qui viennent quotidiennement gagner leur croûte à Bruxelles continueraient à le faire, en traversant la "frontière".


6. "de overheidschuld"
Notre dette publique représentera en 2010 102 % de notre PIB, soit la bagatelle de 345 milliards d'euros.
La crise économique a aggravé notre déficit public. En cas de scission du pays, cette dette devra être répartie entre la Flandre, la Wallonie et Bruxelles. Et, quelle que soit la clé de répartition choisie, elle fera peser sur la Flandre la charge la plus importante. Historiquement, si l’on regarde ce qui s’est passé pour des pays comme la Tchéquie et de la Slovaquie récemment, ou pour la Belgique en 1830, c’est le critère des recettes d’impôts qui a servi de base à la répartition de la dette publique.  La Flandre devrait alors prendre à sa charge environ 63 % de l’ancienne dette publique belge. Soit 219 milliards d’euros, 110 % du PIB flamand !
De plus cette scission entraînerait également une augmentation du risque de défaut perçu par les marchés financiers et donc une augmentation de la charge d'intérêt du financement public, largement dépendant de l'emprunt.
Si on rajoute à cela le vieillissement de la population plus rapide en Flandre, qui entraînera une augmentation des soins de santé et du coût des retraites, l'équation budgétaire risque d'être insoluble pour le nouvel état flamand...


7. "de vlaamse bevolking opinie"
Certes, on a beau se dire qu'ils sont très nombreux à voter pour des partis séparatistes, voire extrême (on rappelle : NVa + LDD + VB = 40 % des votes en Flandre...), il y a fort à parier que beaucoup de citoyens flamands ne souhaitent pas se retrouver brusquement sans Belgique. Certes, à force de leur dépeindre une Wallonie corrompue et fainéante, ils ont fini par croire que c'était totalement fondé. Qu'il fallait sans doute se détacher au plus vite de cette fange wallonne qui embourbe les roues de la Flandre. Mais sont-ils pour autant conscients de ce que signifie une scission du pays ? Sont-ils prêts à renoncer à ce que la Belgique porte encore comme valeur commune ? Rien n'est moins sûr. De récents sondages montrent d'ailleurs qu'une grande partie de la population flamande demande juste plus d'autonomie, pas la fin du pays...

18/09/2010

Les 7 péchés capitaux de la Capitale selon la Flandre...

Il est de ces contre-vérités et autres fantasmes, qui a force d'être répétés inlassablement, finissent par être considérés comme parole d'Evangile selon St. Bart...
Hier komt een verkorte opsomming van wat men in Vlaanderen over Brussel denkt, en waarom de waarheid moet gekend worden...


1. La Région Bruxelloise est pauvre...
Faux, une analyse européenne (source : Eurostat) place d'ailleurs la Région de Bruxelles-Capitale à la deuxième place des régions les plus riches de l'Union Européenne. Avec un PIB de 60.200 EUR/hab, elle se classe 2ème, juste derrière le Grand-Duché du Luxembourg. La Flandre est 10ème de ce classement (31.700 EUR/hab), la Wallonie 17ème (22.600 EUR). La Belgique dans son ensemble se classe 11ème (31.200 EUR/hab).
Si la Région est pauvre, c'est parce que la Loi de financement l'appauvrit, en assurant des transferts injustifiés vers les autres Régions (16 milliards EUR/an vers la Flandre, 9,5 milliards vers la Wallonie) !
Toutes les analyses montrent qu'il lui manque (au minimum) entre 500 millions et 1 milliards d'EUR pour être financée correctement et assurer son rôle... C'est un des enjeux majeurs de la négocation politique en cours pour la formation du gouvernement...
2. La Région de Bruxelles-Capitale est mal gérée...
Le sous-entendu derrière cette affirmation est bien entendu que la Région serait mal gérée car ce sont essentiellement des francophones qui la gèrent... C'est oublier un peu vite que la Région est constitutionnellement bilingue et que le gouvernement régional bruxellois est paritaire en nombre de ministres néerlandophones et francophones. Historiquement, le poste de Ministre du Budget a d'ailleurs souvent été occupé par un ... néerlandophone. Dernier en date à avoir géré les finances bruxelloises avant d'être remplacé par J-L Vanraes, Guy Vanhengel... aujourd'hui responsable du budget au Fédéral, dont on pourra difficilement nier l'orthodoxie budgétaire... ni le caractère flamand de son parti, l'OpenVLD... Avec les moyens limités qui lui sont dévolus, la Région gère plus que correctement son budget.
3. Il y a trop de niveaux de pouvoir à Bruxelles, il faut fusionner les communes...
Les communes bruxelloises comportent en moyenne environ 51.500 habitants. C'est bien plus que bien des communes de Wallonie ou de Flandre. Pour assurer des politiques de proximité (mobilité, sécurité, aménagement urbain...), le pouvoir communal est indispensable, et assure une démocratie de terrain.
S'il est juste de penser que certains découpages communaux sont à revoir (Bruxelles-Ville, Laeken, Neder-over-Hembeek et Haren, toutes gérées depuis l'Hôtel de Ville de Bruxelles par exemple) et que certains recoupements seraient justifiés, il faut maintenir une approche locale forte, les disparités socio-économiques entre les différents quartiers de la ville étant importantes.
Une étude récente montre d'ailleurs que la fusion prônée par la NVa pour Bruxelles n'est pas toujours efficace : ainsi à Antwerpen, où les communes ont été fusionnées, les coûts de fonctionnement, notamment pour la Police, sont proportionnellement plus élevés qu'à Bruxelles...
4. La Région est la capitale de la Flandre, et donc la Flandre a son mot à dire...
La Flandre est le seul exemple connu au monde de région ou d'entité territoriale ayant placé sa capitale... en dehors de sa propre région. Cela démontre l'attachement flamand à fagociter Bruxelles à son seul profit. Et le mouvement flamand se base pour cela sur l'Histoire...
Mais Bruxelles n'a jamais fait partie historiquement de la Flandre, mais bien du duché du Brabant (qui jadis s'étendait jusqu'aux abords d'Anvers... La Flandre, elle se situe à GAUCHE du Brabant sur cette carte de 1350)... Refaire l'histoire est toujours commode !
La Région de Bruxelles-Capitale existe constitutionnellement depuis 1989 et est une Région à part entière. Elle n'a pas à être co-gérée par les autres Régions.
Si la Flandre choisit la voie du séparatisme, elle devra établir sa capitale à Anvers ou Gand, mais quitter Bruxelles.
5. Le refinancement de Bruxelles doit être conditionné à l'utilisation des fonds et à son contrôle
Les autorités bruxelloises sont tout aussi capables de compter et de gérer leurs affaires que les entités régionales flamandes ou wallonnes. Bruxelles ne réclame pas le droit de contrôler l'affectation des finances régionales flamandes au Port d'Anvers ou celles wallonnes à la Ville de Charleroi...
Cette demande hégémonique et unilatérale ne repose sur aucune légitimité et est inacceptable pour les Bruxellois. Bruxelles ne réclame que son dû légitime à disposer de la richesse qu'elle produit, tout en bénéficiant d'un financement équitable pour les rôles mutliples qu'elle joue au bénéfice du pays et des autres régions fédérées. Sans la vitrine "Bruxelles", la Flandre et la Wallonie sont inexistantes sur l'échiquier mondial...
6. Les Communautés doivent avoir un droit d'ingérence dans les affaires bruxelloises
La gestion catastrophique de l'enseignement à Bruxelles devrait à lui seul démontrer l'absurdité du modèle communautaire belge. Les Communautés contribuent à créer des sous-nationalités dans la Région en forçant les Bruxellois à choisir une langue, que ce soit pour leur santé, leur sport, leur enseignement, leur culture,... Nous voulons mettre fin à cette ingérence inefficace et discriminatoire et rendre aux Régions ces compétences.
7. Bruxelles n'est qu'une ville, comme Anvers ou Liège...
Capitale du Royaume, siège du Vlaamse Raad et de la Communauté Française, capitale de l'Europe, siège d'institutions internationales comme l'OTAN... Bruxelles n'est pas une ville comme Anvers ou Liège. Elle est une ville-région aux compétences multiples et qui s'incrit dans le processus de fédéralisation de la Belgique.
La volonté flamande de ramener Bruxelles au simple statut de Ville ne se justifie que par sa volonté de la conquérir sous son aile soi-disant protectrice. Or la Flandre n'aime pas Bruxelles, qui est pourtant sa capitale ! Elle la sous-finance et conditionne tout refinancement équitable. Quel autre région dans le monde méprise à ce point sa propre capitale ? Encore une incohérence flagrante...