23/04/2014

Bruxellois(es), révoltez-vous ! #be2505 #Check-inFor Bruxsel !

Le 25 mai, nous nous rendrons une nouvelle fois aux urnes pour élire nos députés régionaux, fédéraux et européens.

Je serai à nouveau candidat sur la liste ProBruxsel au Parlement de la Région Bruxelloise, comme je l'avais déjà fait en 2009.
Issu de la société civile, cette candidature n'est pas à proprement parlé simplement un acte politique, mais bien un réflexe de survie.
Car 2014 sera à n'en pas douter une date importante pour le futur de notre région et de ses habitants.
Et ce sera également une date importante pour notre mouvement politique : pour la première fois, nous pourrions effectivement envoyer un voire deux députés ProBruxsel au Parlement Bruxellois.
Et enfin faire entendre notre voix, nos propositions et partager notre vision sur l'avenir de notre région.

Pourquoi je me présente, ce en quoi je crois :

L'engagement politique, c'est un acte au service de la société, des gens.
C'est être acteur du changement, plutôt que spectateur.
C'est apporter des solutions plutôt que de se complaindre dans les problèmes.
C'est enfin, et surtout, porter une vision optimiste sur l'avenir.

Mes 3 priorités :

1. L'enseignement
L'enseignement bruxellois souffre. Et surtout, les enfants bruxellois souffrent.
Décret-inscription générateur d'injustice, non-adéquation de l'offre en quantité et qualité avec la demande, obsolescence des infrastructures, sous-investissement chronique, manque de professeurs... L'enseignement à Bruxelles est aujourd'hui une machine à produire de l'injustice sociale ... et des chômeurs. Il est urgent de casser cette mécanique infernale pour remplacer le modèle communautaire actuel par un enseignement de qualité pour tous, bilingue et moderne.
Ce n'est pas une question de budget : l'investissement par élève en Belgique est un des plus élevés de l'Union Européenne et du monde !
C'est une question de choix politiques et de répartition de ces moyens. Ainsi, est-il normal que 9% du corps enseignant soit "détaché", c-a-d non pas dans les classes,  à faire leur métier d'enseignant mais dans l'administration, l'inspection etc...
Il faut d'urgence redonner de l'autonomie aux directions, qui sont avec leurs équipes pédagogiques, les plus à même de s'adapter aux besoins de leurs élèves.
ET faire en sorte qu'au coeur de la capitale de l'Europe, nous ne soyons plus les détenteurs de ce triste record : 1 jeune sur 3 de moins de 25 ans est au chômage. 16% quitte l'enseignement sans diplôme...

2. Les entreprises et l'emploi
Chef d'entreprise, je constate quotidiennement les difficultés auxquelles sont confrontées les entreprises de la région. D'un côté, 25% de chômeurs et singulièrement chez les jeunes, de l'autre des entreprises qui cherchent désespérément des ressources dans divers secteurs tels que l'ICT, les services aux personnes, les services d'accueil...
Il faut d'une part simplifier les structures administratives et accélérer l'accès à l'innovation et la soutenir, développer les compétences et l'aide à la création d'entreprise.
D'atre part, il faut développer les filières de formation, le lien entreprises-écoles et la formation initiale (notamment linguistique en rendant obligatoire l'enseignement bi/trilingue) pour créer une nouvelle génération de jeunes 'up & running' prêts à relever les défis d'entreprises dopées à l'innovation, aux nouvelles technologies et au développement durable.

3. La mobilité et la qualité de vie
Ce point n'est pas sans lien avec le point précédent. Certains emplois offerts à Bruxelles aujourd'hui ne trouvent plus d'acquéreur, car travailler dans et autour de Bruxelles devient de plus en plus compliqué et est perçu comme une nuisance... Il faut revoir d'urgence et intégrer la politique de mobilité au niveau de la région, en limitant l'accès automobile via un péage urbain (qui permettra en outre de lever des ressources financières nouvelles pour accélérer la transformation en matière de mobilité), en créant de nouvelles lignes en surface et pour certaines parties de la ville via l'extension du métro nord-sud, et en favorisant les alternatives de mobilité par le biais notamment d'incitants fiscaux pour les entreprises et les particuliers. Ceci demande également de revoir la répartition de pouvoirs entre région et communes, en redonnant à la Région une compétence globale en la matière là où nécessaire afin d'éviter les blocages communaux partisans. Il suffit pour s'en convaincre d'observer le spectacle lamentable auquel se livrent les bourgmestres bruxellois dans le dossier du survol de Bruxelles et du plan de dispersion dit "Whatelet" (mais que tous les partis de la majorité fédérale ont validé...). Sur ce dossier, la position de ProBruxsel est claire : Zaventem doit à terme devenir un aéroport urbain de jour, fermé la nuit, et le frêt aérien doit être organisé sur un aéroport prévu pour ce type d'activité comme Bierset par exemple.

C'est pourquoi je vous demande de me soutenir le 25 mai prochain en m'accordant votre confiance et votre vote.

José Fernandez
4ème effectif à la Région







16/03/2013

¡No pasarán!

Bruxelles, co-gérée par les "Communautés" flamandes et francophones, c'est peut-être pour demain.
Ceci est un appel lancé à tous les démocrates, les vrais, pour que d'urgence, une réalité politique bruxelloise forte, innovante et transcendant les clivages communautaires prenne place dans le débat politique actuel. Il en va de l'avenir de notre région et de la liberté de ses citoyens. Bruxellois(es), indignez-vous !

Geert Bourgeois est un grand démocrate. Il est à ce point démocrate, que pour lui pas de doute "si la NVa devient incontournable en 2014, les francophones devront accepter nos propositions".
Il rajoute même "Dans un mariage, si un partenaire dit "je veux cela" et que l'autre répond "non", alors c'est terminé. Madame Bourgeois doit s'amuser dans son bel intérieur à Izegem...
Un démocrate donc. De ceux qui considèrent que lorsque "je suis le chef dans mon village, je suis le chef du pays. Parce que mon village est le plus grand, et donc, le village d'à côté - et ses habitants - doivent faire ce que je décide. Point à la ligne".
Un démocrate toujours, puisqu'il entend aussi imposer à un million de Bruxellois "sa" façon de voire les choses. Sans les consulter pour le moins du monde. Par droit divin.
Et pour Bruxelles, le choix de la NVa est clair : Bruxelles sera co-gérée. Par la "commaunauté" flamande et par la "communauté" francophone. Point barre. Parce que "nous ne donnerons pas Bruxelles aux francophones".

Car c'est bien connu, vue de Flandre (et par la lorgnette de la NVa), Bruxelles est une ville sale, mal-gérée, où règne une criminalité terrible, où l'immigration et le trafic clandestin fleurissent comme des champignons sur un lit d'immondices. Et surtout, c'est une ville "francophone gérée par les socialistes". Ils oublient au passage que sur 19 communes, 12 sont gérées par les autres partis (FDF/MR, CDh ou Ecolo), mais bon... On leur pardonne (un peu), c'est compliqué à comprendre Bruxelles, vu de la Frandre jaune/noire. Et pour cause, la vision de la NVa est mono-identitaire : le peuple, la langue, l'unité territoriale, la Nation. Simple, tranchant, imparable.
En Flandre, pour la NVa, on est Flamand parce qu'on parle le flamand. Tout qui ne s'inscrit pas dans cette logique en est par principe exclu. Et ça va loin : les homos? Une obédience qui s'afficherait sur leurs T-shirts, à proscrire. Les francophones de Flandre? Ils n'existent pas: soit ils s'adaptent (ils parlent le Flamand), soit ils dégagent. Les européens? Ils doivent suivre un parcours d'intégration. Pour apprendre la langue...
Bref, comme on disait, une belle vision démocratique.
Et totalement inapplicable à Bruxelles, où les notions de peuple ne peuvent en aucune façon se réduire à la langue que l'on y parle. Où la notion de "Nation" est inconnue. Où l'identité de la région se définit depuis longtemps sur la base du "zinneke". Le mélange, l'inter-relation, l'échange. L'autre.
Le modèle de la NVa rejette l'Autre, celui qui est "différent" de moi (qui doit s'adapter par assimilation forcée ou partir).

Il n'échappe à personne que le discours de la NVa est inaudible, inacceptable, intolérable pour les Bruxellois, qu'elle que soit leur langue.
Mais attention ! Ceci ne veut cependant pas dire qu'il ne réalisera pas !
Car dans notre modèle institutionnel actuel, totalement basé sur les Communautés - et cristallisé par le conflit qui oppose une d'entre elle à l'autre - il est parfaitement possible à une NVa majoritaire en Flandre (mais pas ailleurs) d'imposer, comme Bourgeois le dit, "son modèle", "sa vision", "ses" conclusions.

Il est donc minuit moins 2 minutes pour qu'une conscience collective bruxelloise, prenne rapidement sa place pour empêcher à tout prix ce scenario.
Car la co-gestion de Bruxelles, déjà à l'oeuvre de fait, c'est la création à Bruxelles de sous-nationalités. Un appartheid de fait basé non pas sur votre couleur de peau, mais sur votre langue.
Demain, c'est la possibilité (ou pas) de bénéficier d'un enseignement correctement organisé et financé, c'est la possibilité d'inscrire vos enfants dans un club de sport (ou pas). C'est la possibilité de pouvoir disposer de soins de santé (ou pas) corrects et accessibles.
Bref, c'est le début de la fin pour tous les Bruxellois !

Le 19 juillet 1936, Dolores Ibarruri aussi connue par son nom de "La Pasionaria" ("La Passionnée") monte au balcon du Ministère de l'Intérieur à Madrid à une tribune, et lance son désormais célèbre « ¡No pasarán! ».
La guerre civile espagnole vient de commencer.
Les franquistes sont passés, malheureusement. Et on a vu le résultat. Quarante ans de dictature.
Nous ne laisserons pas la Flandre de Bart de Wever et de ses sbires s'emparer de nos vies, de celles de nos enfants, de notre futur. Jamais, never, nooit !

Stéphane Hessel disait ceci :
« Je vous souhaite à tous, à chacun d'entre vous, d'avoir votre motifd'indignation. C'est précieux. Quand quelque chose vous indigne, comme j'ai été indigné par le nazisme, alors on devient militantfortet engagé. On rejoint le courant de l'histoire et le grand courant de l'histoire doit se poursuivre grâce à chacun.  »


Alors, nom de Dieu, indignez-vous !
Ecrivez, bloggez, twittez, facebookez, criez, dansez, chantez, mais de grâce, ne restez pas plantés à attendre que d'autres - les partis politiques francophones par exemple, tous dirigés par des hommes politiques wallons - viennent vous sortir de là.

25/11/2012

Sire, ils ont scindé Saint-Nicolas... Mais ils ont oublié les Bruxellois !

2012. Pour ceux qui en doutaient, BHV est bel et bien scindé. il ne reste plus que quelques arrêtés d'exécution et autres textes legaux à voter, mais misa ita est. On se dira que finalement la vie des citoyens au quotidien n'a pas vraiment changé - tout ça pour ça... -, et que cette scission, au delà des cinq petites minutes de courage politique requises pour l'exécuter, elle est surtout électorale (arrondissements et cantons électoraux), administrative et judiciaire. Certes, mais aussi et probablement morale, comme une sorte d'acte d'abandon sub-conscient définitif.
Et si derrière tout cela, il y avait plus grave, comme un goût de scission déjà bien effective ?

Ce week-end, je déambulais à la recherche d'un improbable jeu qu'il fallait abs-olu-ment que je trouvasse pour mettre dans la pantoufle d'une petite fille qui avait été vraiment très très sage comme un petit mouton... Et quoi de plus logique que de me diriger vers un grand magasin de jouets situé à quelques encablures de mon domicile laekenois, magasin situé dans ce "V" de BHV, en plein dans son centre d'ailleurs. Cette chaîne de magasin, qui n'a pas hésité jadis à troquer dans son nom d'enseigne un "Droom" par trop mono-linguistiquement connoté, par un bien plus seyant "Dream" à l'accent onirique, et incolore sur le plan de la neutralité linguistique.

Ayant trouvé l'article en question, je me rends compte que la couverture en langue de Vondel ne semble pas indiquer de version FR. J'interpelle donc un jeune homme, affublé d'un très joli pardessus bleu à qui je demande : "Excuseer, hebt u dit spel in het Frans?". J'aurais pu m'attendre à un très embarassé "Nee Meneer, wij hebben alleen maar de nederlandstalige versie, het spijt me...", ce qui ne m'aurait pas étonné outre mesure, après tout, Vilvoorde, c'est en Flandre non?
Seulement voilà, le jeune homme, sans malice et avec une naïveté toute professionnelle, me sors un "Nee, daarvoor moet u naar een winkel in Wallonie gaan. Hier hebben wij maar spellen voor de Vlamingen...". Je me suis quand même fendu d'un "Naar Wallonie? Maar ik woon hiernaast, in Brussel!"... Peine perdue, il était déjà passé au client suivant, harcelé qu'il était de toutes parts en cette veille de fête de Saint-Nicolas, ooops, pardon, de Sinter Klaas...

Voici donc une chaîne commerciale au demeurant nationale, mais aux racines très ancrées dans l'autre partie de BHV, à Halle en l'occurrence, dont les employés, à tort ou à raison, se croient obligés d'expliquer à un client potentiel (ex-client, en fait...) qu'ici c'est la Flandre, et que de l'autre côté, c'est la Wallonie.... Et qu'entre les deux, ben mon gaillard, c'est le vide intersidéral bruxellois. Un no man's land dans lequel il ne fait visiblement pas bon d'exister. Ou plutôt, comme il est impossible de lui coller une étiquette linguistique définitive, qu'il vaut mieux ignorer. Une région, Bruxelles, non mais tu rigoles ou quoi!

A Vilvoorde, dans les allées de ce Dreamland (quoique...) il y avait énormément de clients venus de Schaerbeek, Laeken, Neder, soit du nord de Bruxelles, qui parlaient tout autant le Français et qui eux aussi ont dû avoir du mal à trouver des jeux dans la langue de leur choix . Comment dès lors s'imaginer qu'un directeur de magasin choisisse sciemment de se couper d'une partie de sa clientèle potentielle, sur la base du simple fait qu'ils seraient francophones? Si ce n'est parce que derrière la fonction, il y a sans doute un homme ou une femme avec ses convictions, visiblement bien ethnico-linguistiquement pures... "Hier hebben wij maar spellen voor de Vlamingen...". Quelque chose me dit que cette définition du Vlaming n'englobe pas les habitants de Laeken, Neder ou Schaerbeek, qu'elle que soit leur langue d'ailleurs...
De fait, mes euros "bruxellois", je suis parti les dépenser dans un autre magasin bien bruxellois celui là, avec plein de jeux et jouets bilingues et des vendeurs bilingues colorés comme je les aime.

Car là ne s'arrête pas cette cocasse anecdote linguistico-communautaire. Plus tard dans la journée, je me retrouve à Drogenbos, une commune qui, si j'en crois mon atlas, se trouve, elle aussi, bel et bien en Brabant flamand. Sauf que là, la clientèle francophone (et uccloise) est présente en nombre... Et bien vous savez quoi? Il y a aussi un Pays de Rêve à Drogenbos, et dans ses rayons le fameux jeux était lui présent en version francophone cette fois....

Alors oui, on pourra rétorquer à raison qu'à Wavre, j'aurai eu tout autant de difficultés à trouver un jeu en néerlandais... Il me reste néanmoins un profond sentiment de gâchis, et une nouvelle démonstration que la problématique institutionnelle, à force d'être mono-communautaire ne fait que diviser, saucissonner, réduire le vivre-ensemble au lieu de le renforcer.
Notre société belge se racrapotte, comme une vieille chaussette...
Jusqu'à scinder notre tradition festive de Saint Nicolas/Sinter Klaas.
Ah oui, n'allez pas faire vos courses chez Dreamland :-)
Il y a aussi d'excellents artisans locaux qui fabriquent de beaux jouets...





15/10/2012

A tous nos "Chamberlains" atteints de cécité politique...

Campagne finie, crachin automnal et tout de même, oui, un petit blues d'après-campagne.

Notre système électoral reste malheureusement complètement particratique et peu lisible pour le citoyen.
Ici, ce sont les partis perdants qui s'associent pour rester en majorité sans tenir compte des tendances fortes d'autres partis (Ixelles, par exemple), là ce sont les ennemis jurés d'hier qui montent à bord avec une sacrée bombe à retardement dans le bus (regardez Bruxelles par exemple, avec une tête de liste MR  sous le coup d'une information judiciaire, qui pourrait aboutir à une inculpation pour conflit d'intérêt et non respect de la loi sur les marchés publics, bonjour le message sur le renouveau politique et l'éthique ...). Là encore, c'est tous contre une comme à Boitsfort (mais il était sans doute plus que temps d'apporter un renouveau aux Bostfortois...).
Toujours est-il qu'entre le bulletin de vote glissé dans l'urne, et celui ou celle qui s'assied sur le fauteuil maïoral, ce n'est pas une ligne droite ni un long fleuve tranquille...
Cumul : sur les traces de #cestjoelle...
Il faudra sans doute un jour (mais quand, on est reparti pour six ans là...) songer à réformer le mode de scrutin pour cet échelon de pouvoir qui est, rappelons le, celui qui touche le plus la vie des gens au quotidien... L'élection directe du bourgmestre pourrait sans doute faciliter les choses (avec des modalités pour éviter la nomination d'un "people" local...). Il faut aussi qu'on explique au citoyen qu'en votant par exemple pour Elio Di Rupo à Mons, c'est un autre bourgmestre f.f. qui siégera et que cumuler présidence de parti, mandat de député fédéral et mandat de bourgmestre comme le fait Benoit Lutgen, c'est bien permis comme "Valeurs communes" ;-)... Là aussi, rendre incompatible l'exercice de mandats à des niveaux de pouvoir différents, c'est respecter l'électeur dans ses choix...
Ecolo/Groen : bravo les Verts !
Bravo Ecolo/Groen !
Partout, les Verts progressent, comme en région Bruxelloise où Ecolo est le 2ème parti dans 6 communes sur 19 et où Olivier Deleuze s'empare du maïorat à Watermael. Ook Groen wordt de eerste nederlandstalige partij in Brussel en gaat in Vlaanderen vooruit.  On peut regretter certains choix particratiques, comme à Bruxelles-Ville, où Ecolo/Groen (qui progresse à 7 sièges) avait toute sa place dans une majorité à trois, mais où le pre-accord électoral PS-MR et le jeu mathématique entre voix et sièges, favorable au PS, qui perd tout de même près de 2000 voix mais gagne un siège permet aux deux ennemis d'hier de s'allier aujourd'hui... 
Je voudrais ici exprimer ma très grande satisfaction d'avoir pu partager cette campagne avec les militants et candidats d'Ecolo/Groen pour Bruxelles-Ville, avec qui j'ai fêté cela hier soir à St Josse.  J'ai rencontré des citoyens engagés mais lucides, de tout bord et de toute appartenance linguistique, culturelle, ou privée, qui ont vraiment à coeur de changer les choses pour leur région, leur ville, leur quartier... Je n'en retire que du positif.
Un tout grand merci donc à Ecolo et Groen pour leur accueil, où mon statut de candidat d'ouverture ProBruxsel n'a jamais été ni un écueil, ni un épouvantail, et où ma différence et ma liberté de parole a été totalement acceptée et même, souvent, attentivement écoutée ;-)
Je souhaite de tout coeur à ses 7 élus au Conseil Communal à Bruxelles-Ville de maintenir le cap et de rester vigilants : sur la mobilité, les espaces verts, la prévention et l'acompagnement social et la police de proximité, l'éthique politique... mais aussi sur le logement, le commerce et surtout l'enseignement, clé indispensable pour réduire le taux de chômage. C'est aujourd'hui qu'il faut agir impérativement pour éviter que Bruxelles ne sombre dans les années à venir. Vous pouvez compter sur tout mon soutien.

België bar(s)t, Anno 0 ?
Mais, après cette très courte nuit, ce qui me fait surtout réagir ce matin, c'est la complète incapacité de nos politiques francophones à comprendre, lire, écouter ce qui s'est passé hier à Anvers.
A Anvers, il n'y a pas eu une élection locale... 
A Anvers, il n'y a pas eu une NVa qui ne fait que conforter ses résultats de 2010 au plan fédéral...
Non, à Anvers, la NVa a pris le pouvoir. 
Et ça, c'est la première pierre de l'édifice que l'intelligentsia nationaliste rêve de construire depuis 2007...
Ceux et celles qui comme moi on suivi le discours de Bart De Wever ne s'y sont pas trompés.
Toute ressemblance avec un personnage
existant ou ayant existé
est purement fortuite...
Ce De Wever là, qui tend tout de même la main à Janssens, il avait les crocs... Il a envie de mordre, dans "sa" ville d'abord:"Antwerpen is van iedereen, maar vanavond toch vooral van ons...", dans sa région ensuite:"Vanavond, is een keerpunt voor Vlaanderen", dans le pays enfin: "Neem uw verantwoordelijkheid en bereid samen met ons de confederale hervorming voor."
Ce qui est inquiétant, c'est la capacité d'une certaine opinion publique flamande a faire fi des bilans (celui de Janssens est particulièrement bon,il a redynamisé la deuxième ville du pays et plus grande ville de Flandre d'une manière remarquable) pour soutenir ceux qui n'en ont pas (De Wever n'a exercé aucun pouvoir personnellement jusqu'ici), mais qui "passent tellement bien à la télé". Et ce qui est problématique, c'est quand cette opinion publique est majoritaire, ou presque.
Et le programme de la NVa il est clair et il a encore été rappelé hier : se préparer au confédéralisme et donc à la fin de la Belgique. Phase 2 prévue en 2014, mais qu'il conviendrait de commencer à préparer maintenant, non, puisque gouverner c'est prévoir...
Et que voyons-nous ? Le débat post-électoral sur la Première de ce matin est édifiant, résumons-le :
  • C'est une élection locale, De Wever se prend pour le Premier Ministre qu'il n'est pas...
  • Il va devoir exercer le pouvoir, et là on verra bien...
  • Il y a encore deux ans avant les prochaines élections, on verra à ce moment...
  • Pour négocier, il faut être deux... (sur l'air de "nous, nous ne sommes demandeurs de rien...)
Bref, tout va très bien, Madame la Marquise.  Sauf que ces postulats se basent sur le fait que De Wever va forcément se planter (il n'arrivera pas à gérer Anvers, il n'aura pas de bons résultats aux élections de 2014, nous lui tiendrons tête contre le confédéralisme...). Il est incroyable que personne n'envisage le scenario inverse (il s'en sort bien à Anvers (n'oublions pas qu'il va sans doute co-gérer avec le sPA et ses équipes efficaces...), en 2014, il conforte son score aux régionales et, pire, les autres partis flamands feront de la surenchère régionaliste pour sauvegarder ce qu'ils peuvent... et il arrive aux négociations en Imperator...).

Ce qui doit être très clair pour les Bruxellois, c'est que Bruxelles est désormais en danger !
Le programme de la NVa c'est le confédéralisme, et pour Bruxelles, la co-gestion, où notre région "redeviendrait" une simple ville, "un peu comme Jérusalem" selont Geert Bourgeois... 
Si les Bruxellois ne s'organisent pas dès maintenant pour pouvoir eux-mêmes être partie prenante à ces négociations de 2014, la Wallonie et la Flandre décideront pour nous ! Et il ne nous restera alors sans doute que l'intifida pour résister au diktat de Bourgeois, De Wever et consorts...
Il est donc désormais plus que temps de mettre en pratique un mode de gouvernance pour le pays qui permettra de continuer à vivre ensemble en permettant à la Flandre d'accéder à ce plus d'autonomie qu'elle ne cesse de réclamer scrutin après scrutin. Et ce mode passera obligatoirement par la reconnaissance du fait régional et la disparition des institutions communautaires qui empoisonnent notre existence. La Belgique (con-?)-fédérale à 3 (ou 4) régions est le seul modèle viable dans ce contexte là. Il faudra s'en rappeler, avant qu'il ne soit trop tard...

10/10/2012

"Dimanche, faut voter, fieu ! Sinon tu prendras un parcmètre..."

La campagne électorale se termine, les affiches sur les panneaux officiels commencent un peu à jaunir, mais l'élan des candidat(e)s ne s'amenuise pas...
Et pour cause, selon certaines sources, près de 35 % des électeurs ne savent pas encore pour qui voter...
Il faut dire que comparer les programmes n'est point aisé... Peu ou prou, toutes les listes sont d'accord pour dire qu'il faut plus de sécurité, une meilleure mobilité, plus de logements...
Alors quoi, ça ne servirait à rien tout ça ? Il y a pourtant des nuances et de taille...

Chez Ecolo/Groen, les derniers sondages sont favorables à la liste emmenée par Marie Nagy (Ecolo) et Bart Dhondt (Groen). Mais ce n'est que dans les urnes que tout se joue et ce sera durant ces derniers jours qu'il faut convaincre les indécis et leur dire avec conviction que le vote pour la liste Ecolo/Groen est véritablement le seul qui pourra influencer durablement une répartition des rôles déjà largement anticipée dans les états-majors du PS et du MR, probables futurs alliés à la Ville de Bruxelles. Nos propositions programmatiques sont résumés sur le blog de Marie Nagy. J'en retiendrai pour ma part trois, majeures à mes yeux :

  1. l'enseignement : la création urgente de places supplémentaires pour faire face au défi démographique, l'accent mis sur l'apprentissage des langues (FR/NL/EN) pour faire diminuer le taux de chômage des jeunes bruxellois 
  2. l'éthique : l'actualité récente à Bruxelles le montre encore, les personnes qui s'engagent en politique doivent faire preuve d'un discernement et d'un engagement éthique au-dessus de tout soupçon, car ils sont les garants du respect de la démocratie et ne peuvent la piétiner au profit de leur propres intérêts
  3. la mobilité : aujourd'hui même, à 200 m d'intervalle, un jeune enfant devant une école de devoir et une femme de 42 ans sur un passage piéton ont été renversés dans notre quartier, rue Marie Christine à Laeken. La femme est décédée, l'enfant est gravement blessé... Nous devons exiger et obtenir la mise en place d'une politique de mobilité respectueuse de tous, où le piéton, le cycliste sont protégés par des trottoirs aménagés, surtout autour des écoles, et des pistes cyclables visibles, et où les transports publics et les voitures partagent un espace par trop dévolu jusqu'ici à la seule voiture.

C'est pour cela que dimanche 14 octobre, je vous demande de soutenir cette liste et de porter votre choix pour les candidats qui souhaitent faire de Bruxelles une ville dont nous pourrons être fiers!

Et puisque le choix, c'est à vous de le faire, permettez-moi de vous guider un petit peu... en faisant un passage par ma boîte aux lettres, vidée ce matin de ces nouveaux tracts de la journée...
Ainsi, le CDH - que les sondages donnent partout en net recul à Bruxelles - définit ses 6 priorités pour la Ville. De façon étonnante, l'enseignement - pourtant priorité majeure pour nos jeunes et pour l'emploi, reprise par les autres partis - n'y figure pas ! Il faut dire que la Ministre de l'Intérieur joue invariablement sa carte fédérale - que peuvent donc espérer les Bruxellois au quotidien d'une élue largement absente ?-, en promettant le recrutement de pas moins de 800 nouveaux policiers... (On attend d'ailleurs toujours les 400 promis lors de l'accord institutionnel de 2011 pour renforcer la police bruxelloise, submergée par les quelques 200 manifestations sportives et politiques qui se tiennent dans la capitale de l'Europe...).

Ensuite, la majorité sortante PS-CDH, par la voix son collège des Bourgmestre et échevins fait dans la sobriété pour amorcer ce qu'on doit bien appeler une solide courbe rentrante, peut-être trop tardive d'ailleurs... En cause, le fameux plan 'parking' concocté à la va-vite par la majorité sortante, votée juste avant les vacances en catimini et qui revient comme un boomerang - c'est un hasard... - avant le scrutin. Un plan mal pensé, mal communiqué, peu réfléchi et qui met sur un pied d'égalité les voitures ventouses des boulevards du centre et les banlieues plus résidentielles de Laeken ou Neder. Bref, une mauvaise idée, mal exécutée, non concertée avec les populations concernées. Petite lettre toute timide du Bourgmestre pour annoncer que "Non, non, des rumeurs circulent qui ne sont pas justes... Pas d'inquiétude, nous ce qu'on veut, c'est que tout le monde puisse parker en paix, hein...". Pas très crédible, même si la réalité c'est que le plan est reporté, histoire de mieux réfléchir à la chose et surtout, d'écouter la population - commerçants en tête, mais aussi enseignants des écoles de Laeken et Neder, personnel infirmier et médical de Brugmann etc... La politique ça se construit avec les gens Freddy, pas autour d'un bureau...
Surfant sur la vague du plan de parking (... "ça c'est le bon filon pour récupérer des voix et cacher un peu les déboires de notre tête de liste"...), voici le retour du parcmètre version MR. C'est vrai, le parking est un souci dans le Nord de Bruxelles. Mais y a-t-il trop de voitures, ou pas assez de places de parking ? Toujours est-il qu'il sera indubitablement nécessaire de faire en sorte que le plan de mobilité adopté soit cohérent et fasse du sens, dans une ville qui ne peut se limiter à des mesurettes prises commune par commune...
D'où l'importance de la Région et de ses propositions qu'on attend avec impatience. Déjà - il aura fallut du temps.... - des panneaux informatifs sur la localisation et le taux d'occupation de parkings commencent à être mise en place (le premier test est en cours rue de la loi...). Une belle initiative que voilà, mais faute d'un accord global avec les opérateurs de parking, d'un prix d'accès acceptable et de modalités spécifiques pour les habitants des quartiers, on risque de voir encore beaucoup de voitures circuler dans le centre-ville, pare-choc contre pare-choc... On comprend mieux ici à quel point l'agencement institutionnel de Bruxelles, avec son découpage communal, peut poser problème lorsqu'il s'agit d'aborder les décisions avec une vision d'ensemble, pourtant indispensable...

Je passe rapidement sur le dernier tract d'un Vlaams Belang toujours aussi outrancier, surfant sur la haine de l'autre et des "nombreuses nuisances sonores et de mobilité" qu'une nouvelle mosquée au Wimpelberg pourrait créer. Nos communes du Nord de Bruxelles comportent une population musulmane importante. Les lieux de culte qui leurs sont réservés sont dérisoires. Permettre une implantation sereine, respectueuse des régles d'urbanisme et de sécurité, tout en facilitant l'accès à un lieu qui outre sa fonction cultuelle, est aussi un important lieu de socialisation et de rencontre est primordial pour construire le vivre-ensemble. Le respect se construit d'abord par l'envie de découvrir l'autre, dans sa diversité. Et ma ville, je la veux multiple...

Je vous donne rendez vous demain soir et samedi dans le quartier De Wand/Pagodes, au plaisir de vous y retrouver avant l'échéance de dimanche pour un dernier échange !






02/10/2012

Tweetalig onderwijs, vraiment ?

Je pense m'acheter une deuxième boîte aux lettres, uniquement pour la période électorale...
Logique, chez Ecolo/Groen, on a tendance à épargner les forêts en limitant le volume d'impressions... et à le faire quand c'est possible sur du papier recyclé.
Donc, mon petit attirail de propagande se limite à un "passeport" et à un folder recto-verso format A5, plus le "Respire" reprenant le programme (tweetalig) pour Bruxelles. Et à utiliser mes mains et ma langue pour aller à la rencontre des gens ou à 'virtualiser' ces rencontres par l'entremise des réseaux sociaux et autres blogs.
Par contre - d'où la deuxième boite-aux-lettres -, d'autres partis semblent avoir subtilisé les rotatives du Soir pour leurs publications électorales... Tous les jours, par exemple, le MR/Open VLD me fait le plaisir d'un petit passage. J'y ai même trouvé un format en "coeur" d'une candidate (14ème sur la liste à la Ville) qui prônait plus de fraternité en ville, c'est mignon non ?
Mais ces publications sont néanmoins très intéressantes, car elles permettent au moins de savoir où se positionnent les partis, et d'aider l'électeur à s'y retrouver...

Et là, je suis vraiment heureux ;-)
Ainsi donc, au lendemain du 14 octobre, nous aurons, enfin!, des écoles bilingues à Bruxelles !
Cela fait 4 ans que notamment ProBruxsel l'écrit noir sur blanc, explique pourquoi il faut le faire et rapidement... et rien, aucune réaction, des haussements d'épaule et un "ça, ça ne passera jamais...".
Et puis là, tout à coup, tout le monde s'y met, si c'est pas une bonne nouvelle ça !

Ecolo/Groen a sorti une note sur l'enseignement qui reprend clairement cette position (création école bilingue et écoles en immersion linguistique).
Le MR y est également favorable (malheureusement, je ne lis rien de comparable de la part de Els Ampe sur ce sujet, qui semble se contenter de la juxtaposition des réseaux...).
Même le PS, et oui, (allié au sPA, dont le Ministre Smet a pourtant toujours été opposé à l'idée... dans le passé du moins) par la voix de son (futur et doublement) "mayeur" le précise dans son dernier tract rouge sang : "Pour des écoles bilingues à Bruxelles!".
Pour le CDH, c'est apparemment plus compliqué, voire carrément inquiétant, car la priorité liée à l'enseignement ne figure même pas dans leur programme "nos 5 priorités"... Un oubli ? Ou bien est-ce que MarieDo et #cestjoelle seraient fâchées ?

Bon, cela semble néanmoins réglé : avec autant de partis en faveur de cet enseignement bilingue qui nous fait défaut, nous allons enfin voir ce qu'on va voir...
Sauf que, ce sont les élections, et il ne faut tout de même pas exagérer hein... "On ne va pas pouvoir réaliser tout notre programme comme ça"... Et bien pourquoi pas ? Pourquoi ne pas faire de l'enseignement la priorité phare de la prochaine législature à Bruxelles-Ville, afin de recréer du vivre-ensemble, du respect, de l'émancipation par le savoir et, in fine, réduire cette fracture sociale et ce scandaleux constat : 25% de nos jeunes sont au chômage ! Et la raison #1 de cet état de fait, c'est le manque de formation, notamment linguistique.

Pourquoi militer pour un enseignement bi-/multi-lingue ?

L'apprentissage des langues est un processus long, qui requiert non seulement de l'étude, mais également et surtout de la pratique. Le manque d'accès à une infrastructure scolaire digne (notamment avec des locaux rénovés et modernes, des installations de laboratoires de langues) ainsi qu'à un corps enseignant de qualité pour cet apprentissage pénalise lourdement les jeunes bruxellois à la sortie des études. A Bruxelles en particulier, on le sait, les entreprises privilégient les bi/trilingues. Les enfants issues de la mono-culture de l'enseignement francophone bruxellois sont trop souvent amputés de ces connaissances et arrivent désarmés sur un marché de l'emploi qui privilégiera à diplôme égal celui qui connaît Sartre et Hugo Claus....
Voilà pourquoi il faut agir rapidement et s'inscrire pour notre ville et pour notre jeunesse dans une approche ambitieuse en la matière !

24/09/2012

Communales 2012 : si on parlait des vraies priorités pour le citoyen ?

Ce scrutin communal constitue ma troisième petite expérience électorale de terrain, après les régionales de 2009 et les législatives de 2010 avec ProBruxsel. Pour ceux qui n'ont pas suivi pour quelle raison j'ai troqué notre joli turquoise pour le vert, petit rappel ici.
Les enjeux sont différents à chaque scrutin, mais pour nos concitoyens, la politique qu'elle soit au niveau régional, fédéral ou communal reste banalement monotone en ce qui concerne sa promotion : des affiches et des brochures rouges,  oranges, bleues, amarantes, vertes à tire-larigot sur les vitrines de leur épicerie de quartier, leur stam-café et dans leurs boîtes aux lettres, des panneaux de 2m2 sur les balcons ixellois, la remorque d'Alain Destexhe quelque part sur le boulevard Général Jacques, la chaussée d'Anvers repeinte en rouge et des T-Shirts colorisés au M&M's dans le haut de la ville...
Bref, du merchandising électoral comme à l'accoutumée...
La communication digitale étant passée par là, les sites, blogs, pages Facebook et autres newsletters sont venues dynamiser la chose, mais pas de quoi pavoiser.
Ah oui, "encore une petite chose", comme dirait feu Steve Jobs : pour ce scrutin, nous avons droit à la découverte fascinante par certains de nos édiles de tout bord (surtout de certains bords en fait...) de cet outil fantastique qu'est la video 'socialisée' (c-a-d partagée sur les réseau sociaux...). Et bien sûr, le ridicule ne tue pas (sinon, nous aurions passé ces dernières semaines à assister à de multiples oraisons funèbres...). Il y a encore du boulot pour ce qui est de la communication politique, les gars...
Je n'ai pas pour habitude de faire la promo des autres listes, mais je ne résiste pas au plaisir de vous partager ce morceau d'anthologie au cas où vous l'auriez loupé...

Et il faut bien accepter que le débat d'idées, loin derrière ces façades stéréotypées, est difficile à aborder sereinement et de manière constructive avec l'électeur.

C'est d'autant plus complexe que dans un scrutin communal, les compétences exercées localement sont celles qui par définition touchent le plus le citoyen : la propreté publique, la sécurité urbaine, la mobilité, les espaces verts, le logement, l'aide sociale, le commerce... Certes à Bruxelles, l'imbrication des compétences régionales et communales nécessite un réalignement urgent, autant les doublons, les incohérences et le manque de lisibilité sont dramatiques pour la ville et la cohérence de sa gestion.
Quelques exemples ?

Commençons par la propreté... Un échange savoureux avec notre échevine de la propreté publique à Bruxelles-Ville, sur Twitter dimanche dernier pour illustrer le propos (et parfois l'impuissance du politique local...).
Pour le citoyen que je suis, un seul constat possible: ma ville est sale... Et jouer au ping-pong entre la Ville et la Région ne change rien à mon vécu de piéton/cycliste à 14h en pleine ville un dimanche ...

On peut également citer le logement : à Neder-Over-Hembeek, la Ville de Bruxelles décide d'installer 300 logements sociaux en face de l'Hopital Militaire. Dans le même temps, la Région décide de lancer deux projets similaires dans les quartiers du Molenblok et du Petit Chemin Vert, densifiant de manière inouïe le bâti dans un quartier qui n'en demandait pas tant.... Et le tout, sans l'ombre d'une réflexion d'ensemble, sur la globalité du projet : où sont les crèches, les écoles, les commerces, les structures d'accueil et de suivi social et administratif ainsi que les transports publics supposés permettre l'intégration harmonieuse de ce projet dans notre quartier ?

On citera par ailleurs lamobilité : la Région, par la voix de sa bien-nommée Ministre de la Mobilité (sic), Brigitte Grouwels, se bat pour transformer l'avenue du Port en autoroute bétonnée urbaine et sans platanes... La Ville de Bruxelles est absente dans ce débat qui la concerne pourtant au plus haut point... Ailleurs, on supprime des places de parking qui selon la Ministre "doivent nous permettre d'atteindre l'objectif de diminuer de 20 % le nombre d'automobiles à Bruxelles d'ici 2018". Mais ce plan est appliqué de manière aveugle et sans concertation : supprimer des places de parking et installer des horodateurs par exemple rue des Faines à Neder-Over-Hembeek, où il n'y a aucun commerce, c'est uniquement nuire aux habitants qui résident sur place et qui continueront à posséder et utiliser une voiture, tout en renflouant les caisses de l ville... La question est donc : est-ce qu'on s'attaque bien de front à la réduction du "bon trafic" ? Et singulièrement que fait-on pour dissuader les 360.000 navetteurs quotidiens qui entrent à Bruxelles de le faire en voiture ? Notre commune de part sa localisation est particulièrement vulnérable au transit de passage venu de l'A12 et du ring. Le péage urbain est ici à terme la seule véritable solution susceptible de réduire drastiquement la circulation invasive trans-régionale... Londres et Stockholm l'ont bien compris il y a longtemps, mais pas encore Bruxelles... Les recettes de ce péage urbain devraient d'ailleurs permettre de renforcer un transport public accessible partout, de qualité, sûr, et rapide à travers la ville afin d'offrir une vraie alternative, inexistante aujourd'hui, aux navetteurs qui se passeraient bien volontiers des embouteillages...


L'enseignement, enjeu crucial du débat politique citoyen

Mais s'il est bien une compétence importante dans le futur de notre ville, c'est celle de l'enseignement. Certes, il s'agit ici d'une compétence des Communautés... Autant dire que les spécificités et les besoins criants de l'Enseignement Bruxellois ne sont malheureusement pas réellement en haut de l'agenda des ministres compétents, que ce soit en Flandre ou en "Francophonie"...Et cependant, saviez-vous que notre Commune à la possibilité de changer de manière importante la donne ? Le Pouvoir Organisateur de la Ville de Bruxelles est ainsi responsable de 29 écoles au centre, à Laeken, Neder-over-Hembeek et Haren. S'il faut saluer l'initiative de l'ouverture ce mois-ci d'une nouvelle école Rue Claessens, il est cependant extrêmement urgent de faire bien plus, plus vite et mieux. L'évolution démographique de Bruxelles n'attendra pas !

L'enseignement, c'est en effet le levier le plus important pour remettre l'humain au sein de notre société et éveiller nos enfants au vivre-ensemble, au respect, à l'ouverture aux autres, quelle que soit leur origine, culture ou milieu. Au-delà, un enseignement de qualité, c'est la meilleure chance de pouvoir garantir un avenir professionnel aux enfants bruxellois, trop souvent monolingues, qui seront 47.000 en plus d'ici 2020 à devoir être scolarisés.
Il est dès lors grand temps de faire de cet enjeu l'alpha et l'omega de toute action politique future à Bruxelles.
C'est pourquoi, avec ProBruxsel et Ecolo/Groen, je revendique haut et fort la création de nouvelles écoles bilingues ou d'écoles d'immersion, permettant aux jeunes d'acquérir dès l'enseignement primaire, voire maternel, une réelle connaissance des deux langues nationales et par la suite de servir de tremplin vers une troisième ou quatrième langue.

J'invite également les Ministres compétents, et en particulier Pascal Smet, qui s'inquiétait cette semaine de la difficulté à apprendre le Français aux jeunes néerlandophones, à favoriser l'échange de professeurs entre les deux Communautés linguistiques afin de pallier à la carence d'enseignants néerlandophones à Bruxelles et en Wallonie, et francophones en Flandre.
Il faut également revaloriser le métier d'enseignant, en leur permettant d'être non seulement formés mais aussi encadrés correctement par rapport aux enjeux spécifiques de notre ville, et singulièrement aux défis et opportunités offerts par l'interculturalité.
Il faut enfin et d'urgence, rénover les centres scolaires, dont certains sont laissés à l'abandon, afin de refaire de l'Ecole un espace de vie et de convivialité où il est agréable d'apprendre. Le tout avec une vision durable des investissements consentis et une attention particulière sur les aspects environnementaux et climatiques.

01/09/2012

Communales 2012 : c'est parti avec Ecolo/Groen!

On vote !

Neder-Over-Hembeek samedi 1er septembre 2012
La locale Ecolo/Groen sur le terrain
Distribution de tracts et contacts avec la population
Bis repetita : en 2012, on (re)vote. 
Cette fois-ci pour les Communales (et provinciales).
L'enjeu communal est fondamental : dans tous vos actes de la vie quotidienne, du nettoyage de rue aux taxes sur les bureaux, des interventions de la police locale (suivant la zone de police) au menu des cantines de l'école en passant par l'intégration sociale via le CPAS ou l'aménagement des espaces verts, c'est dans votre commune que ça se passe(ra).
Pour donner du temps au temps, les mandats communaux sont de six ans (au lieu de 4 ou 5 pour le fédéral ou la région). Inutile de préciser combien les prochain(e)s élu(e)s communaux(ales) seront confronté(e)s à des enjeux incontournables pour notre ville et nos quartiers, en particulier à Bruxelles, dans les années à venir !

"Et alors, tu as quitté ProBruxsel ?"

Vous l'aurez compris dans l'intitulé de mon post, je serai présent sur la liste (bilingue!) d'Ecolo/Groen aux prochaines élections communales d'octobre à Bruxelles-Ville.
Et non, je ne quitte pas ProBruxsel.
Un petit mot d'explication s'impose donc : ProBruxsel a fait le choix de ne pas présenter de listes aux prochaines communales de 2012 tout en laissant le choix à ses membres de rejoindre une liste qui défendra au mieux nos idées et propositions pour construire le Bruxelles que nous souhaitons pour l'avenir.
Pour ceux qui suivent ProBruxsel, il ne vous aura pas échappé qu'un grand nombre de propositions, notamment en matière de mobilité, logement, développement économique durable, éthique, qualité de vie et participation citoyenne se recoupent parfois avec celles proposées par Ecolo/Groen. Sans parler du bilinguisme revendiqué par ProBruxsel et qui se traduit chez Ecolo/Groen par une liste commune, bilingue, dans toutes les communes bruxelloises... C'est d'ailleurs le seul parti d'envergure nationale à afficher ainsi son appartenance bilingue de manière systématique dans la capitale.
Certes, le volet institutionnel de ProBruxsel se veut plus radical : enseignement bilingue et suppression des communautés, listes uniques pour les élections régionales, bref une Région Bruxelloise sortie du carcan bi-communautaire et gérée par et pour les Bruxellois, en bonne entente avec ses voisins de Flandre et de Wallonie, au sein d'une Belgique fédérale à 3 composantes (ou 4 avec les Germanophones s'ils le souhaitent). Depuis 2008, cela demeure notre vision institutionnelle pour sortir le pays de son marasme communautaire (toujours bien présent, comme on peut le voir à Linkebeek ou Rhode-St-Genèse, malgré le soi-disant apaisement de l'après-BHV promis par nos édiles du Nord et du Sud...).
Les points de convergence avec le programme de Ecolo/Groen sont néanmoins nombreux et concrets.

Après un dialogue des plus constructifs avec les instances dirigeantes de la régionale bruxelloise d'Ecolo et Groen, la locale de Bruxelles-Ville a donc accepté de m'accueillir sur sa liste aux prochaines communales (36ème place) en tant que candidat d'ouverture indépendant. 
Je les remercie au passage pour ce sens de l'ouverture, qui est bien plus qu'une simple image de façade.
Je ferai donc campagne sous les couleurs (vertes) d'Ecolo et Groen et défendrai leurs propositions avec conviction pour ma commune, car au delà des enjeux de partis, il s'agit également d'une démarche de conviction personnelle par rapport aux enjeux auxquels nous sommes confrontés quotidiennement au sein de notre ville. Je me réjouis de cette collaboration, déjà existante par ailleurs sur d'autres communes (notamment à Ixelles, ou mon co-listier ProBruxselois Ognev Vlaminck est également présent sur la liste d'Ecolo/Groen XL.)

Les enjeux communaux sont fondamentaux pour 2012-2018 !

Un seul chiffre à retenir : d'ici 2020, la population bruxelloise aura crû de manière très significative (près de 20 %). (1)
Les enjeux sont simples et à la fois tétanisants : comment, dans une région cloîtrée (et pour de bon...) dans ses 161 (petits) km2 allons nous faire pour assurer à nos (futurs) habitants et à nos (futurs) jeunes un logement, une école, une crèche, des transports publics de qualité, une activité économique et un emploi (accessibles aux Bruxellois(e)s accompagnée d'une qualité de vie acceptable et le tout en préservant le caractère solidaire et durable du développement  de notre cité ?
Assurément, les recettes actuelles ne peuvent fonctionner pour l'avenir.
Nous avons atteint tous les points de saturation : dans les écoles, sur les routes, au niveau du chômage, dans l'accueil aux démunis et aux nouveaux arrivants...
Il faut déconstruire le paradigme de la pensée actuelle pour reconstruire une société solidaire, équitable, efficace et durable. En ce compris au niveau le plus local, dans nos communes.

Le programme défendu par Ecolo/Groen à Bruxelles-Ville est repris dans son intégralité ici (programme Communales 2012 - Ecolo/Groen Bruxelles-Ville).
Neuf axes d'action concrets sont proposés : 
  • Espaces-Verts et propreté publique : rendre Bruxelles-Ville plus verte, plus propre, plus belle...
  • Mobilité : un plan de mobilité adapté notamment pour l'accès aux écoles (pistes cyclables)
  • Economie/Commerce/Emploi : renforce les projets d'économie durable et créer de nouveaux emplois locaux dans ces filières
  • Enfance : renforcer l'offre et la qualité d'accueil pour la petite enfance
  • Jeunesse : le saviez-vous ? Avez 26% de notre population de moins de 19 ans et 40 % de moins de 30 ans, Bruxelles est une des villes les plus jeunes de Belgique et d'Europe. Il faut donner à ces jeunes la possibilité de mener des initiatives locales et citoyennes et créer des lieux d'écoute et de partage entre eux et le pouvoir politique
  • Enseignement : la problématique scolaire dans le nord de Bruxelles n'est plus à démontrer. Ecolo/Groen proposent une approche innovante et se veut le garant du respect d'une interculturalité accrue pour donner une véritable chance à tous les enfants sans nivellement par le bas
  • Logement : améliorer l'offre et la qualité du parc immobilier social et privé
  • Action sociale : veiller à permettre aux acteurs sociaux de pouvoir mener des politiques de dynamisation par quartier
  • Sécurité : lutter contre le sentiment d'insécurité en ne permettant pas l'impunité, y compris pour les petis actes d'incivilité ou de vandalisme.

ProBruxsel a également formulé des propositions qui s'inscrivent dans cette dynamique :
  • renforcer à l'échelon communal les politiques visant à accroître la qualité de l'enseignement et en particulier l'apprentissage des langues par le développement d'un réseau d'enseignement bilingue communal
  • favoriser l'accueil et l'intégration scolaire des enfants de primo-arrivants en organisant des cours dans leur langue maternelle
  • revoir la répartition des compétences entre région et communes afin d'assurer une cohérence maximale en matière de mobilité, d'urbanisme, de sécurité et de propreté publique
  • créer une mécanisme financier de solidarité au niveau régional entre les communes les plus riches et les plus pauvres afin de permettre une juste répartition des investissements d'infrastructures urbaines et sociales à charge des communes
  • revoir les limites et compétences territoriales des communes afin de diminuer le caractère hétérogène et l'inefficacité qui en résulte pour certaines d'entre elle (comme Bruxelles-Ville/Laken/Neder-over-Hembeek/Haren)
  • permettre aux différentes cultures de s'exprimer à l'échelon communal par la mise à disposition d'infrastructure de type "maison des associations" afin de faciliter l'accès à la participation citoyenne à tous 
  • en matière institutionnelle, ProBruxsel a depuis toujours milité pour une régionalisation renforcée avec le transfert des compétences communautaires aux régions (notamment sur l'enseignement, le sport, la culture, la promotion de la santé). A l'échelon communal cela se traduit par un renforcement des acteurs de terrains locaux dans un cadre cohérent garanti par la région, sans discrimination en fonction de la langue parlée comme c'est le cas dans la logique régionale communautaire actuelle
  • en matière d'éthique politique, ProBruxsel préconise un renforcement des contrôles par l'administration pour éviter les conflits d'intérêts (2) et notamment la suppression des cumuls de mandats, notamment entre un mandat exécutif communal (bourgmestre, échevin ou président de CPAS) et un mandat régional (député, ministre)
  • ProBruxsel souhaite également que les bourgmestres élus puissent obligatoirement s'exprimer dans les deux langues de leurs administrés, puisque Bruxelles est une région bilingue.
Pour défendre cette approche, je vous propose de me soutenir ainsi que mes camarades de liste Ecolo/Groen locaux en m'apportant votre soutien dans les urnes le 14 octobre prochain !

Et pour ceux que je n'ai pas encore le plaisir de connaître, un petit mot sur mon parcours ici : qui suis-je ?
Suivez moi sur Twitter et Facebook !

(1) source : http://www.brusselsstudies.be/medias/publications/FR_71_EGB3.pdf
(2) je vous l'assure, mon texte était déjà rédigé avant le rapport sur Alain Courtois...
http://www.lalibre.be/actu/belgique/article/757783/affaire-courtois-la-region-bruxelloise-defaillante.html

05/07/2012

Back to the future : comment la crise renvoie l'Espagne 50 ans en arrière...

Appelons le J. 
J. a 41 ans, il vient d'arriver à Bruxelles en ce début de mois de juillet 2012, gare du midi, par autocar depuis Oviedo, dans le Nord de l'Espagne.
Après 24 heures de route, les pauses-café sur les aires d'autoroute et la chaleur moite du car, J. a faim, et surtout envie d'une douche. On l'attend. Son ami X. est là et prend sa valise, lui demande comment s'est passé le voyage, s'ils ont eu de la pluie... 
- "Et comment va ta mère ? Et ton petit frère ?"
- "Bon, c'est pas tout ça, mais j'ai un boulot à chercher, on m'a dit qu'il y a du travail pour moi à Bruxelles... On y va ?"


Au début des années soixante, cette histoire aurait pu être la mienne. Ou plutôt celle de mes parents. D'ailleurs, elle y ressemble étrangement... Sauf qu'à l'époque, les immigrants espagnols n'avaient pour la plupart aucune formation ou d'études. Ils fuyaient l'Espagne encore franquiste, mais déjà tournée vers le monde, ses touristes et leurs dollars, à la recherche d'un meilleur lendemain. Ici on gagnait en une semaine ce qu'on gagnait en 3 mois là-bas. Le rêve de la richesse rapidement accumulée et du retour au pays  en héros était facile à vendre... La suite fut moins rose. Salaires plus élevés, mais coût de la vie également. Arrivée des enfants, école, études à payer. Ceux venus "pour quelques mois" y sont restés de longues années.
Mais de cette génération, beaucoup on refait le chemin à l'envers. Profitant du boom économique des années 80-90 et de la démocratisation du pays, des familles entières sont reparties au pays. C'est le cas de J. Né et élevé en Belgique jusqu'à l'âge de 10 ans, et reparti terminer sa jeunesse et démarrer sa vie d'homme en Espagne.
Mais J. n'a plus de travail, plus d'avenir, plus d'illusions... Alors, près d'un demi siècle après ses parents, le voilà à son tour, émigrant...


L'Espagne vient de gagner l'Euro-2012 et de fêter comme il se doit ses "héros" du ballon rond, qui lui permettent de s'évader un peu d'un quotidien bien terne, malgré ce sens permanent de la fête tout latin... Habillés de rouge et sourires altiers, les joueurs de la "Roja" sont heureux. De leur exploit sportif, certes mais aussi, d'avoir pu apporter un peu de bonheur et d'oubli à une population meurtrie par 4 années de crise (bancaire et immobilière d'abord, économique à présent). Ils ont même fait l'impasse sur leurs primes de matches, bien conscients du côté purement symbolique de la chose - vu leurs salaires démesurés -, mais en communion avec une population dont ils ne méconnaissent pas nécessairement les difficultés. Villa, issu d'un village minier des Asturies, sait ce que souffrir et travailler a pu signifier pour sa famille, idem pour Ramos venu de son Andalousie natale ou Torres, né dans la banlieue populaire de Madrid. Et singulièrement, pour une jeunesse laissée à l'abandon, qu'on a surnommé la "generación perdída", la génération perdue.


Aujourd'hui, 50 % des 15-24 ans sont au chômage, 23% sur l'ensemble de la population. Ce n'est pas un problème nécessairement lié à la formation : de très nombreux universitaires ne trouvent aujourd'hui plus aucun emploi... 19 % des diplômés de 19 à 25 ans sont sans emploi. Dans les villes et les villages, trouver un doctorant en Physique aux caisses d'un supermarché est devenu très courant... Les débouchés n'existent tout simplement plus. On estime ainsi à près de 500.000 jeunes le potentiel de jeunes sans emploi, mais formés, dans les secteurs de l'hôtellerie, le tourisme, la restauration, l'enseignement et l'ingénierie.
A tel point que des milliers de jeunes espagnols ont décidé de quitter le pays, eux aussi, 50 ans plus tard, pour aller voir ailleurs si la vie n'est pas plus facile... 
Au cours des douze derniers mois, on estime ainsi à 110.000 le nombre de jeunes de moins de 25 ans ayant immigré.
Entre 2009 et 2012, le nombre d'Espagnols à l'étranger a crû de 20 %.


Cette situation a poussé, comme leurs grands-parents avant eux, des milliers d'entre eux sur les routes d'Europe (Royaume-Uni, Allemagne, France, Belgique,...) et d'ailleurs (Etats-Unis, Amérique Latine). Cette jeunesse qui s'enfuit, c'est aussi l'avenir même de l'économie espagnole qui s'évapore...


On n'oubliera pas de rappeler que la crise en Espagne est avant tout une crise immobilière (bulle spéculative ayant poussé des promoteurs à construire à tout va dans les années 1990-2000), à l'origine d'une crise bancaire (augmentation des défauts de paiement, renflouement des trésoreries fragilisées de plusieurs banques ayant prêté à risque) qui aboutit aujourd'hui à une crise économique sans précédents (diminution des prêts octroyés, ralentissement des investissements, restructurations et chômage...). Si on rajoute à cela les attaques des marchés sur l'Euro, le cocktail est détonnant pour un pays qui faisait il y a encore 5 ans office de bon élève de la classe au sein de l'Union Européenne.
En ce sens, cette crise diffère fondamentalement de la crise grecque, où les finances et la gestion publiques sont à l'origine de la crise  (le taux d'endettement public en Espagne est ainsi très largement inférieur à de nombreux pays de l'UE et comparable... à celui de l'Allemagne...). Mais c'est bien là la seule différence. Toutes les crises laissent au bord du chemin des victimes non consentantes. Et que ce soit à Athènes ou à Madrid, le sang qui coule dans les veines de cette jeunesse sacrifiée a la même couleur... Celle de l'amertume.

18/06/2012

Comme une goutte d'eau dans l'océan...

Athénée Marguerite Yourcenar - Rue Classens - 1080 Bruxelles
Ah, tout de même une bonne nouvelle en ce mois de juin dont la météo n'en fini pas de polariser les conversations : la Ville de Bruxelles vient d'ouvrir une nouvelle école à Laeken, l'Athénée Marguerite Yourcenar, qui accueillera dès la rentrée 2012 en secondaire 600 enfants. On rappellera au passage au lecteur distrait que l'auteur de "L'oeuvre au noir" est née à Bruxelles, en 1903.

Un petit ouf de soulagement pour un quartier et une zone Bruxelles-Nord qui avait bien besoin d'écoles supplémentaires.
L'initiative en revient au Pouvoir Organisateur, la Ville de Bruxelles, qui illustre par ce biais l'importance de l'initiative communale, lorsque l'autorité de tutelle - la Fédération Wallonie-Bruxelles - se montre défaillante...

Car des écoles, il en manque, et pas un peu à Bruxelles !
D'ici 2018 on prévoit 17 % de hausse de la population scolaire dans les écoles de la Région Bruxelloise, déjà largement saturées.
Un rapport de l'IBSA indiquait l'année dernière qu'il faudrait construire dans la capitale... 79 nouvelles écoles pour faire face à la demande d'ici la fin de la décennie.
Avec l'école de Laeken, à laquelle il faut rajouter l'école des Etoiles, à Haren (P.O. libre non confessionnel), on est donc bien parti, puisque... il y en a déjà deux !

Ceci n'empêche cependant pas la Fédération Wallo-Brux de mettre des moyens pour construire de nouvelles places d'accueil : 10.000 places construites et 49 écoles rénovées, sur un budget de 400 millions d'euros prévus pour cela. Cela devrait permettre à Bruxelles, tenez vous bien, de prévoir quelques places supplémentaires, non ? Sauf qu'il va en manquer 49.000, toujours selon le rapport de l'IBSA.

A cela s'ajoute le problème dû au fait que ces décisions d'investissement, hautement politiques, ne sont pas faites en fonction des besoins réels, qui sont à Bruxelles, plus que partout ailleurs, criants...
Il suffit pour s'en convaincre de voir la liste des villes/communes pour lesquelles des investissements sont prévus...
Une fois de plus, la structure institutionnelle belge, avec ces "communautés", pénalise Bruxelles, ses habitants et surtout ses enfants...
La régionalisation de l'enseignement afin de pouvoir placer les priorités là où elles se situent véritablement devient plus que jamais une nécessité de survie pour la capitale et pour assurer l'avenir de ses jeunes, confrontés à un chômage endémique, fruit d'années de passivité au niveau de la formation : des écoles de qualité, centrée sur la problématique propres aux Bruxellois - inter-culturalité, ouverture à l'autre, accueil des primo-arrivants - sont nécessaires. Elles doivent être bilingue/trilingue afin d'assurer aux enfants qui en sortent de réelles opportunités d'emploi sur le marché du travail, qui réclame, à Bruxelles plus que partout ailleurs, des polyglottes.

Les élections communales approchent à grand pas, il est important de soutenir celles et ceux qui s'engageront dans leurs communes avec ces valeurs d'ouverture, de défense de nos intérêts bruxellois - car ce qui servira Bruxelles servira toute la Belgique -. Il y va tout simplement de la capacité qu'aura - ou pas... - cette région à faire face aux défis qui l'attendent dans les années à venir.


16/03/2012

Et maintenant, les journaleux, silence svp...

28 morts. 22 enfants. Un drame national, un deuil national, une tragédie pour des familles endeuillées par l'inconcevable.
Tout le monde se projette dans cette douleur et s'accapare la peine, le chagrin, la colère de ces parents, amis, ...
Mais comme l'a dit Elio di Rupo, il n'y a pas de mots...
Perdre un enfant c'est indicible. Je l'ai vécu...

Et je suis révolté par le battage médiatique sans précédent que la presse fait autour de ce qui, malheureusement, reste un tragique fait divers.
Ces images insoutenables d'un bus déchiqueté projetées en boucle ininterrompue alors que les parents, les frères et soeurs des victimes ne savent encore rien... Ces photos volées et publiées par Het Laatste Nieuws, sans autorisation des familles... Ces éditions spéciales ininterrompues où l'on répète inlassablement qu'on ne sait rien, où un mur de béton dans un tunnel devient soudain le bourreau involontaire d'enfants innocents, où on se demande, sans pouvoir y répondre, comment l'accident est arrivé... Où des spécialistes viennent expliquer comment les enfants survivants vont réagir à ce drame...

Au nom du droit à l'information, nous diront-ils, les "journaleux" de tous bords.
Est-ce vraiment de l'information ?
Lorsque Monsieur Stroobant sur le site du Monde se roule dans la fange en faisant l'amalgame ignoble entre cet accident et l'affaire Dutroux, comme si la Belgique était devenue plus sensible aux événements qui touchent des enfants... Non, Monsieur, ailleurs, en France, en Espagne, ou en Syrie, des enfants sont aussi morts accidentellement ou à cause de la guerre et ces tragédies touchent tout autant les populations là-bas qu'elles ne le font ici.

Est-ce vraiment de l'information ?
Lorsque des journalistes vont sortir de leur maison les parents des victimes de l'accident de car du Patro de Jurbise, en ouvrant sans doute une plaie non cicatrisée pour qu'ils nous disent "on ne s'en remet jamais...".

Est-ce vraiment de l'information ?
Lorsque des caméras font le siège des écoles touchées pour capter à la sauvette des images de parents en détresse, sans  nouvelles, en pleurs ?

Avez-vous pensé, dans votre devoir d'information, Messieurs les "journaleux" à ces familles, touchées, qui sont assaillies d'images que vous leur diffusez ? A ces enfants qui partiront par centaines en classes de mer, classes de neige, classes vertes dans les jours ou les semaines qui viennent en se demandant, la peur au ventre, si leur bus va avoir, lui aussi, un accident ?

J'ai trouvé nos hommes politiques, et singulièrement notre Premier Ministre, à la hauteur des événements : dignes, émus, juste les mots qu'il faut - à part Louis Tobback qui ferait mieux de partir en retraite définitivement -.

J'ai trouvé notre classe journalistique en-dessous de tout : du sensationnalisme au premier degré, des images chocs, du sang et des larmes... Nul doute que ce drame a ému, mais tout le ram-dam médiatique qu'il a entraîné me donne la nausée...

C'est pour cela que maintenant, la seule chose importante, c'est le retour au silence et au calme.
Pour permettre à ces familles de se recueillir dans leur douleur. Pour leur permettre de retourner à l'anonymat.
Pour les protéger de ces caméras qui charcutent leur être...

Ce silence et ce voile pudique, si bien illustré par Kroll ci-dessous...